La louve m'affirme qu'il ne faut pas avoir le coeur sec, sinon on n'aura plus d'amis.
- Haaa oui? Et comment fait-on pour ne pas avoir le coeur sec? - Ben... on boit beaucoup beaucoup d'eau...
Logique non?
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Anonyme
a dit…
Le coeur est un fleur qui est arrosée par les autres. Ont ne peut pas s'arroser soi-même. Le coeur est la source des émotions et c'est dans le partage avec les autres qu'elle grandie.
"Avoir le coeur sec" signifie "manquer de sensibilité, de tendresse" (http://books.google.fr/books?id=FDezxS0W068C&pg=PA174&lpg=PA174&dq=avoir+le+coeur+s C'est en soi-même qu'il faut puiser la force...
... si on veut être un ami pour notre ami-e. L'ami-e est un-e autre soi-même; quand tout va bien, on s'arrose naturellement les-uns les autres. C'est comme si, en plus d'être des fleurs, on est également chacun selon nos capacités des jardiniers. L'eau nourrit la plante de la même façon que l'amitié nourrit l'ami-e. On ne peut pas extraire de l'eau d'un caillou, et on ne peut pas arroser, même un cactus, avec des cailloux. Il faut absolument de l'eau. Mais heureusement, il n'y a personne qui n'a jamais été arrosé; et c'est pour cela qu'on peut être l'ami-e de tout le monde. En tant que jardinier, on peut arroser nos ami-e-s; et en tant que fleurs, nos ami-e-s nous permettent de grandir en nous donnant, naturellement, ce qu'on a besoin pour ne pas sécher et dépérir. Quand une amitié est en péril, c'est souvent qu'on a oublié que les fleurs n'aiment pas beaucoup l'eau salée... Autrement dit, l'insensibilité et le manque de tendresse, ou de douceur, n'a pas sa place dans l'amitié véritable. Que faire si l'ami-e-fleur oublie de faire son jardinage, si ses paroles ou ses actes ne sont pas ceux d'un-e ami-e ? C'est là qu'il faut puiser en soi-même; comme une plante qui est négligée ne meurent pas tout de suite, et qu'elle épuise d'abord les ressources qu'elle a, bien qu'elle ne se porte pas aussi bien qu'avant. Les fleurs meurent s'ils reçoivent trop de sel; mais ils en ont quand même besoin d'une très petite quantité de temps en temps. C'est comme les vitamines pour les jardiniers; c'est bon pour la santé, pour soigner une carence qu'on a; mais quand on croque des vitamines en capsule, ça peut avoir un drôle de goût... C'est ce qui arrive quand un ami-e ne s'est pas comporté-e en ami-e envers nous, et qu'on rappelle l'ami-e à l'ordre ("AMR," en arabe), qu'on rappelle l'ami à l'amitié, selon ses capacités... ; "Le Bon ange touche l'âme durement, entre avec bruit et commotion, à la manière d'un jet d'eau sur la pierre." (G. Foch. La vie intérieure. Paris, 1917, page 151). - Oui, pour "ne pas avoir le coeur sec", il "faut boire de l'eau"... - La pierre doit être ramollie, même concassée, pour que des racines puissent y pousser; et l'eau peut même briser de la roche, l'égrainer. Mais où le jardinier gaspille son eau parce qu'il n'y a pas déjà un minimum de terre, il doit s'en remettre à la nature, et la laisser faire son oeuvre dans ce coin là; et ce jardinier s'occupe alors des plantes qu'il est capable de prendre soin... La vie n'est-elle pas bien faites ?
« LeBon Ange a coutume de toucher doucement, légèrement et suavement l’âme de ceux qui font chaque jour des progrès dans la vertu : c’est pour ainsi dire une goutte d’eau qui pénètre une éponge. » [G. Foch. La vie intérieure. Paris; Vitte, 1917, p. 147]
Qu’est-ce que la vertu a à voir là-dedans ? Et d’abord, qu’est-ce que la vertu ?
C’est la « Bienfaisance envers le prochain... Je suis indigent, tu es libéral; je suis en danger, tu viens à mon secours; on me trompe, tu me dis la vérité; on me néglige, tu me consoles; je suis ignorant, tu m’instruis; je t’appellerai sans difficulté vertueux. - [Et] puis appeler vertu autre chose que ce qui me fais du bien ? (...) [Voltaire. Dictionnaire philosophique. Paris; Garnier-Flammarion, 1964, p. 373]
Et qu’est-ce donc que la vertu a à voir là-dedans ?
C’est que l’amitié elle-même est « un contrat tacite entre deux personnes sensibles et vertueuses. Je dis « sensible, » car un moine, un solitaire peut n’être point méchant, et vivre sans connaître l’amitié. Je dis « vertueuse, » car les méchants n’on que des complices, les voluptueux ont des compagnons de débauche, les intéressés ont des associés, les politiques assemblent des factieux, le commun des hommes oisifs a des liaisons, les princes ont des courtisans; seuls les personnes vertueuses ont des amis... » [Notons que « l’enthousiasme de l’amitié a été plus fort chez les Grecs et chez les Arabes que chez nous. Les contes que ces peuples ont imaginés sur l’amitié sont admirables; nous n’en avons point de pareils, nous sommes un peu sec en tout...]
L’amitié serait-elle vraiment comme un « contrat » ?
Oui, et « les obligations en sont plus fortes [ou] plus faibles, selon le degré de sensibilité et le nombre de services rendus, etc. » [Voltaire. Dictionnaire... p. 33].
Mais un « contrat », n’est-ce pas une contrainte inutile dans une relation qui est nécessaire basée sur la liberté si elle est une relation amicale ?
L’absence d’un tel contrat empêche l’amitié de s’épanouir pleinement, et cela peut même la rendre impossible : « Beaucoup de conflits surgissent du fait qu’il y a chez l’un ou chez l’autre des attentes différentes. Si on attend quelque chose de quelqu’un et qu’il ne la donne pas, on est déçu et en colère. [Et] si l’autre ne le savait pas ou n’était pas d’accord pour donner ainsi, il y aura nécessairement un conflit. Le contrat accepté par les deux parties est important pour éviter ces conflits. Souvent on n’aime pas avoir un contrat. On veut demeurer dans le flou, l’affectif... on a peur du rationnel et de la loi; On refuse alors de se situer au niveau de la justice et du droit des personnes. D’une façon générale, beaucoup de conflits se règlent quand les uns et les autres peuvent s’exprimer librement, dans une ambiance sécurisante, ou autour d’une personne en qui tous ont confiance. Quand il y a l’écoute et l’expression le plus objectif des besoins et des attentes sans passion, il y a souvent possibilité de paix.... [Jean Vanier. Toute personne est une histoire sacrée. Paris; Plon, 1994, p. 268]
Il ne faudrait pas s’étonner du fait que la paix soit la clé de l’amitié, parce que c’est justement là qu’on peut non seulement entretenir une relation amicale véritable, mais devenir un ami pour les amis de nos amis, et en fin de compte, un ami pour tout le monde. Il faut avoir une certaine paix intérieure pour ne pas se laisser emporter par des émotions de colère quand quelqu’un nous traite âprement, ou pour ne pas se troubler quand quelqu’un nous critique ou [même] nous calomnie, etc. etc. Il faut avoir la paix intérieure pour que notre amitié soit assez forte pour surmonter toutes les épreuves que la vie peut nous présenter. Or une telle paix, si on y réfléchit un peu, n’est possible que si on est humble. « La paix naît de l’humilité... il faut amollir et briser [notre] cœur... et convertir notre fierté [orgueil, amour-propre, etc.] en humilité... pour avoir la paix ». – Je dis ça très simplement, franchement, et sans prétention puisque je m’inclus là-dedans - [F. Vidal. Aux sources de la joie avec saint-François de Sales. Nouvelle Libraire de France. Paris, 1964, p. 199]. La plus grande joie qu’une personne puisse éprouver, c’est l’amitié des gens vertueux, - ou un verre d’eau s’il a soif...
8 commentaires:
Le coeur est un fleur qui est arrosée par les autres. Ont ne peut pas s'arroser soi-même. Le coeur est la source des émotions et c'est dans le partage avec les autres qu'elle grandie.
Moi-Même, XXIème siècle
La bière, ça compte-tu ?
"Avoir le coeur sec" signifie "manquer de sensibilité, de tendresse"
(http://books.google.fr/books?id=FDezxS0W068C&pg=PA174&lpg=PA174&dq=avoir+le+coeur+s
C'est en soi-même qu'il faut puiser la force...
... si on veut être un ami pour notre ami-e.
L'ami-e est un-e autre soi-même; quand tout va bien, on s'arrose naturellement les-uns les autres. C'est comme si, en plus d'être des fleurs, on est également chacun selon nos capacités des jardiniers.
L'eau nourrit la plante de la même façon que l'amitié nourrit l'ami-e. On ne peut pas extraire de l'eau d'un caillou, et on ne peut pas arroser, même un cactus, avec des cailloux. Il faut absolument de l'eau. Mais heureusement, il n'y a personne qui n'a jamais été arrosé; et c'est pour cela qu'on peut être l'ami-e de tout le monde.
En tant que jardinier, on peut arroser nos ami-e-s; et en tant que fleurs, nos ami-e-s nous permettent de grandir en nous donnant, naturellement, ce qu'on a besoin pour ne pas sécher et dépérir.
Quand une amitié est en péril, c'est souvent qu'on a oublié que les fleurs n'aiment pas beaucoup l'eau salée... Autrement dit, l'insensibilité et le manque de tendresse, ou de douceur, n'a pas sa place dans l'amitié véritable.
Que faire si l'ami-e-fleur oublie de faire son jardinage, si ses paroles ou ses actes ne sont pas ceux d'un-e ami-e ? C'est là qu'il faut puiser en soi-même; comme une plante qui est négligée ne meurent pas tout de suite, et qu'elle épuise d'abord les ressources qu'elle a, bien qu'elle ne se porte pas aussi bien qu'avant.
Les fleurs meurent s'ils reçoivent trop de sel; mais ils en ont quand même besoin d'une très petite quantité de temps en temps. C'est comme les vitamines pour les jardiniers; c'est bon pour la santé, pour soigner une carence qu'on a; mais quand on croque des vitamines en capsule, ça peut avoir un drôle de goût...
C'est ce qui arrive quand un ami-e ne s'est pas comporté-e en ami-e envers nous, et qu'on rappelle l'ami-e à l'ordre ("AMR," en arabe), qu'on rappelle l'ami à l'amitié, selon ses capacités... ; "Le Bon ange touche l'âme durement, entre avec bruit et commotion, à la manière d'un jet d'eau sur la pierre." (G. Foch. La vie intérieure. Paris, 1917, page 151). - Oui, pour "ne pas avoir le coeur sec", il "faut boire de l'eau"...
- La pierre doit être ramollie, même concassée, pour que des racines puissent y pousser; et l'eau peut même briser de la roche, l'égrainer. Mais où le jardinier gaspille son eau parce qu'il n'y a pas déjà un minimum de terre, il doit s'en remettre à la nature, et la laisser faire son oeuvre dans ce coin là; et ce jardinier s'occupe alors des plantes qu'il est capable de prendre soin...
La vie n'est-elle pas bien faites ?
Hey les gars, vous étiez inspirés!
En effet, c'est d'une logique absolue.
La Louve a bien raison puisque l'eau est la source de la vie et que la vie fait battre les coeurs.
Tia
Les réponses les plus simple sont souvent les meilleures... :)
« LeBon Ange a coutume de toucher doucement, légèrement et suavement l’âme de ceux qui font chaque jour des progrès dans la vertu : c’est pour ainsi dire une goutte d’eau qui pénètre une éponge. » [G. Foch. La vie intérieure. Paris; Vitte, 1917, p. 147]
Qu’est-ce que la vertu a à voir là-dedans ? Et d’abord, qu’est-ce que la vertu ?
C’est la « Bienfaisance envers le prochain... Je suis indigent, tu es libéral; je suis en danger, tu viens à mon secours; on me trompe, tu me dis la vérité; on me néglige, tu me consoles; je suis ignorant, tu m’instruis; je t’appellerai sans difficulté vertueux. - [Et] puis appeler vertu autre chose que ce qui me fais du bien ? (...) [Voltaire. Dictionnaire philosophique. Paris; Garnier-Flammarion, 1964, p. 373]
Et qu’est-ce donc que la vertu a à voir là-dedans ?
C’est que l’amitié elle-même est « un contrat tacite entre deux personnes sensibles et vertueuses. Je dis « sensible, » car un moine, un solitaire peut n’être point méchant, et vivre sans connaître l’amitié. Je dis « vertueuse, » car les méchants n’on que des complices, les voluptueux ont des compagnons de débauche, les intéressés ont des associés, les politiques assemblent des factieux, le commun des hommes oisifs a des liaisons, les princes ont des courtisans; seuls les personnes vertueuses ont des amis... » [Notons que « l’enthousiasme de l’amitié a été plus fort chez les Grecs et chez les Arabes que chez nous. Les contes que ces peuples ont imaginés sur l’amitié sont admirables; nous n’en avons point de pareils, nous sommes un peu sec en tout...]
L’amitié serait-elle vraiment comme un « contrat » ?
Oui, et « les obligations en sont plus fortes [ou] plus faibles, selon le degré de sensibilité et le nombre de services rendus, etc. » [Voltaire. Dictionnaire... p. 33].
Mais un « contrat », n’est-ce pas une contrainte inutile dans une relation qui est nécessaire basée sur la liberté si elle est une relation amicale ?
L’absence d’un tel contrat empêche l’amitié de s’épanouir pleinement, et cela peut même la rendre impossible : « Beaucoup de conflits surgissent du fait qu’il y a chez l’un ou chez l’autre des attentes différentes. Si on attend quelque chose de quelqu’un et qu’il ne la donne pas, on est déçu et en colère. [Et] si l’autre ne le savait pas ou n’était pas d’accord pour donner ainsi, il y aura nécessairement un conflit. Le contrat accepté par les deux parties est important pour éviter ces conflits. Souvent on n’aime pas avoir un contrat. On veut demeurer dans le flou, l’affectif... on a peur du rationnel et de la loi; On refuse alors de se situer au niveau de la justice et du droit des personnes. D’une façon générale, beaucoup de conflits se règlent quand les uns et les autres peuvent s’exprimer librement, dans une ambiance sécurisante, ou autour d’une personne en qui tous ont confiance. Quand il y a l’écoute et l’expression le plus objectif des besoins et des attentes sans passion, il y a souvent possibilité de paix.... [Jean Vanier. Toute personne est une histoire sacrée. Paris; Plon, 1994, p. 268]
Il ne faudrait pas s’étonner du fait que la paix soit la clé de l’amitié, parce que c’est justement là qu’on peut non seulement entretenir une relation amicale véritable, mais devenir un ami pour les amis de nos amis, et en fin de compte, un ami pour tout le monde. Il faut avoir une certaine paix intérieure pour ne pas se laisser emporter par des émotions de colère quand quelqu’un nous traite âprement, ou pour ne pas se troubler quand quelqu’un nous critique ou [même] nous calomnie, etc. etc. Il faut avoir la paix intérieure pour que notre amitié soit assez forte pour surmonter toutes les épreuves que la vie peut nous présenter. Or une telle paix, si on y réfléchit un peu, n’est possible que si on est humble. « La paix naît de l’humilité... il faut amollir et briser [notre] cœur... et convertir notre fierté [orgueil, amour-propre, etc.] en humilité... pour avoir la paix ». – Je dis ça très simplement, franchement, et sans prétention puisque je m’inclus là-dedans - [F. Vidal. Aux sources de la joie avec saint-François de Sales. Nouvelle Libraire de France. Paris, 1964, p. 199]. La plus grande joie qu’une personne puisse éprouver, c’est l’amitié des gens vertueux, - ou un verre d’eau s’il a soif...
André B.
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