lundi 27 septembre 2010
Résumé de vie
Toutes les questions idiotes que vous lirez ici sont le produit de la stricte réalité. Les réponses aussi. Si vous avez d'autres questions à la suite de ce texte, veuillez m'en faire part, je suis curieuse.
Qu'est-ce que tu fais dans la vie?
- Je suis dans l'élevage...
- Haaa oui? L'élevage de quoi?
- L'élevage d'enfants.
- ?
- Ça consiste à veiller aux soins de futures adultes. Je veille à ce qu'elles aient un toit, de la nourriture et de l'amour tous les jours. Je m'assure aussi qu'elles réussissent à l'école, sentent bon la plupart du temps et ne se salissent pas trop lorsqu'elles mangent. Surtout en public. Je vérifie qu'elles soient convenablement habillées en toutes saisons, qu'elles bénéficient d'activités ludiques, culturelles et sociales à tous les jours. Je les informe sur tous les sujets dont : comment on fait les bébés, pourquoi la guerre existe, qu'est-ce qu'un tremblement de terre, pourquoi le soleil tourne autour de la terre, d'où viennent les humains, qui est dieu, où vont les araignées en hiver, etc... Je dois aussi leurs apprendre à se protéger contre les pédophiles, les mauvais rhumes et les petites pétasses qu'elles cotoient de temps en temps à l'école.
Oui, mais à part ça, qu'est-ce que tu fais dans la vie?
Rien. Je ne fais rien d'autre. Dans une autre vie, j'ai fait plein de métiers. J'en ai eu plusieurs parce que je n'ai jamais aimé, je n'aime pas et que je n'arriverai jamais à aimer la routine.
L'élevage d'enfants et mes objectifs professionnels ont bien tenté de cohabiter sur le même espace-temps. Mais malheureusement, mon corps m'a informé sans préambule qu'il m'était impossible d'emboiter ensemble ces deux projets et m'a laissé, telle une mouffette effouèrée au millieu de la chaussée, complètement applatie.
C'était il y a quatre ans.
J'ai eu grand peine à reprendre mon souffle.
Depuis je vis de l'aide sociale.
J'espère que tu ne feras pas une carrière sur l'aide sociale?
Oui! Oui! Je l'ai déjà entendu celle-là! Par un membre de ma propre famille...
Ben c'est clair que j'ai envie d'être humiliée le reste de mes jours avec 580$ par mois pis le triple de préjugés pour faire vivre ma famille!
Comment ça donc? On devient pas riche quand on fait des enfants? Haaaa ben!
Tout le monde rêve d'utiliser le dernier recours pour se faire rappeler que t'es juste une merde, que tu vis sur le "système" et que anyway, si jamais t'aurais éventuellement l'espoir d'avoir une envie de penser à des projets d'avenir, tu y penseras après avoir trouvé de quoi donner à manger pour déjeuner à ta marmaille!
Ben... tu y penseras peut-être après le diner si tu trouve à manger. Ou avec de la chance, après le souper. Ben dans l'fond, tu y penseras demain... profites de ta soirée parce que tout le monde a mangé aujourd'hui.
Et puis cette journée, elle m'a épuisée... et l'autre ensuite... et l'autre.. et...
Quand le téléphone sonne, j'ai pas toujours envie de répondre.
Ma mère (ou ma tante, ma grand-cousine ou ma voisine-chose-là...) a eu 8 enfants pis elle se plaignait pas!
Il est fort probable que ses enfants jouaient dewors avec les 23 autres enfants du quartier sans se demander si la température fittait avec les dernières mitaines, si un bras allait être éraflé ou si un pédophile allait violer l'un de ses enfants. Pis c'était correct de même.
Elle laissait ses poussins se faire engueuler par la madame d'en face quand ils tiraient des oeufs dans les fenêtres. Elle sortait son mercurochrome juste en cas de bobo-qui-saigne. Elle gueulait dewors pour faire venir les affamés à l'heure des repas.
Pendant que la meudame frottait le plancher, les trois plus vieux lavaient la vaisselle, rapportaient les commissions du magasin au coin, changeaient les couches et morvaient le nez des plus p'tits.
C'était correct comme ça. C'était une fierté d'avoir une maison astiquée pis des enfants crottés à la fin de la journée.
Elle pouvait donner à boire du lait caillé, du gruau à tous les déjeuners ou bedon des petakes jaunes régulièrement sans se soucier des oligo, polyin ou oméga. Les allergies n'étaient pas un danger pour toute la société.
Ces femmes là ne travaillaient pas. Elles ne fesaient RIEN! C'est clair non?
Ce modèle ne convient plus à la réalité d'aujourd'hui.
J'ai essayé bien fort de me faire pousser six bras, j'ai pas encore réussi. Les besoins des enfants d'aujourd'hui sont complètement différents de ceux de votre grand-mère, grand-tante ou de la vieille madame chose, okay là?
Ma mère était monoparentale, elle étudiait et travaillait, tout en élevant ses trois enfants.
La réponse sous-entendue ici est que je devrais : ou ben suivre son exemple, ou ben être plus forte que cet immaculée modèle, ou ben me sentir mal parce que je ne suis ni l'un ni l'autre.
J'abdique. Je ne me sens pas l'âme d'une Wonder-Woman. J'ai beaucoup d'admiration pour toutes les femmes qui savent éplucher une carotte plus vite que son ombre...
Amen.
Mais qui s'occupe des enfants pendant que maman n'est pas là? Vous en connaissez beaucoup des femmes qui peuvent être à deux endroits à la fois?
Tant mieux si votre maman avait plus d'énergie qu'un hamster sur l'ectasie prêt à sauver le monde dans sa roulette. Moi, j'ai juste pas assez de jus pis j'ai été obligée de faire des choix.
Est-ce que tous tes enfants sont du même père?
Pour répondre à cette question, je vous dois la discussion intégrale que Émilie-ma-jolie et moi-même avons eu autour d'un de nos sempiternels cafés bus ensemble sur la rue St-Jean, dans le vieux-Québec.
À cet époque, Émilie-ma-jolie me faisait part de la venue d'un troisième enfant pour sa famille qu'elle rêvait nombreuse.
- Mais qu'est-ce que les gens vont penser? J'ai déjà deux enfants avec deux pères différents!
- On s'en câliss de ce que les gens pensent! Lui répondis-je.
- Au mieux, y'a personne qui pourra me reprocher de continuer à croire que cette fois-ci, ça peut marcher... qu'elle me répondit.
Avec raison.
Un accouchement et deux ans plus tard, voici la suite de la discussion autour d'au autre café :
- Tsé, Émilie-ma-jolie, moi j'ai eu trois filles avec le même père pis je suis même pas foutue d'avoir un semblant de relation cordiale avec lui. C'est l'échec total. Toi, non seulement tu as trois enfants, mais en plus tu t'entends bien avec les trois pères, ils prennent tous soins des enfants et en plus, ils s'entendent bien entre eux. Je pense que c'est un 300% de réussite ça...
Alors je répondrai... oui, mes enfants sont tous du même père. Mais who cares?
Tu dois avoir une bonne pension du père avec trois enfants?
Non. Considérons le père décédé sans avoir prévu une assurance-vie. Point. Loin de moi l'intention de labourer le passé pour quelques piasses.
Pourquoi avoir eu trois enfants?
Parce que je ne me suis pas posé de question avant. Parce qu'un enfant, même si tu prends des précautions, c'est vachement facile à conçevoir. Parce que j'ai cru que ça pouvait marcher. Parce que j'aime l'aventure. Parce que j'étais amoureuse. Parce que je ne pense jamais aux conséquences de mes actes. Parce que j'aime ça me réveiller en pleine nuit pour changer des couches. Parce que je suis irresponsable. Parce que j'aime ça, prendre soin d'un petite vie pleine d'avenir. Parce que j'aime les défis. Parce que j'aime...
Je ne sais pas. Je ne me suis jamais posé la question. C'est comme ça, c'est tout.
T'es ben trop jeune pour avoir des enfants!
Non. C'est ma face qui a l'air jeune, pas mon coeur.
J'ai eu mon premier bébé à 21 ans: j'étais majeure aux États-Unis. Je vois autour de moi mes amies dans la trentaine et sans enfant avoir envie de se reproduire pour une horloge qui ne tinte plus pour moi. Ce qui est bien.
À 39 ans, j'irai boire une bière dans un pub avec mon ainée pour ses 18 ans. À 41 ans, je louerai un chalet pour fêter la majorité de la deuxième avec mes trois filles. À 43 ans, j'aurai encore l'âge de partir sur le pouce avec ma troisième.
Pour l'instant, j'ai 32 ans, trois donzelles et tout l'avenir à nos pieds.
Pourquoi tu ne retournes pas aux études?
Parce que je sais pas en quoi étudier. Alors j'irai m'endetter quand je serai absolument certaine du pourquoi.
Pourquoi tu ne vas pas travailler?
Parce que mon corps refuse de répondre à toutes mes demandes depuis quatre ans. Je l'ai scrappé et la reconstruction est plus longue que prévue. Parce que j'ai déjà un travail : j'élève trois futures payeuses de taxes et pour l'instant, c'est le mieux que je puisse faire.
Je pense que je le fais bien.
Pourquoi tu te trouves pas un bon mec pourvoyeur?
Cette question aussi est réelle! Elles le sont toutes mais certaines me traumatisent plus que d'autres... dont celle-ci. Croyez-le ou non, cette question est issue de bouches aussi féminines que masculines...
Ma cousine et moi avons un vécu similaire : nous avons le même âge, avons eu trois enfants à peu près dans les mêmes délais et nous nous sommes séparées... à un enfant près. L'une vient de la ville, l'autre de la campagne. Nous nous croisons, depuis nos années de maternité, qu'en cas extrême de baptême ou de décès. Ce qui arrive rarement.
Lors de ce genre d'événement de famille et suite à nos similaires séparations, ma cousine a cru bon de m'offrir ce bon conseil :
- Tsé, ma cousine, la seule façon de survivre pour une mère monoparentale est de se caser.
J'ai eu une hésitation entre rire ou frapper.
J'ai ri.
Du coup, je me suis souvenue de cette anecdote datant de quelques années plus tôt. Lorsque j'avais 18 ans, je revenais tout juste d'Afrique où j'avais laissé mes parents jouir de leur toute nouvelle liberté parentale (que je comprends aujourd'hui) et j'eue l'idée saugrenue de visiter ma famille du coté de ma mère, à la campagne.
Pour cette mémorable réunion familiale, ma grand-mère, emplie d'un grand sentiment maternel tout en oubliant mon prénom, a cru bon de me faire savoir que ma mère était irresponsable de laisser ses deux enfants (agés de 18 et 22 ans) dans le besoin ainsi. Je n'en fût guère outrée, puisqu'elle avait tort. La phrase perturbante vint de mon oncle que je connaissais à peine. Il était âgé de moins de 45 ans et me garocha ceci :
- Moi, je comprends pas pourquoi ta mère travaille. Ton père devrait avoir honte de laisser ta mère travailler. Moi, je veux pas que ma femme travaille. Si elle veut faire du bénévolat, c'est correct. Mais ta mère a pas d'affaire à travailler.
On parle de 1997. Ce fût mon premier choc des générations. Ou du moins, le plus intense.
Depuis, d'autres jeunes femmes et d'autres hommes de plus de 40 ans ont tenté de me convraincre qu'un pourvoyeur, c'est sain et normal.
Sachez que je ne me fais pas polluer ainsi par des idées qui datent des années 50. Même si, par là même, j'ai appris contre mon gré que ce genre de mentalité existe bel et bien encore. Ma naïveté de jeune femme libre fût atteinte en son âme plus d'une fois depuis... mais jamais full longtemps.
Je tiens à souligner que cet oncle en question a bien changé depuis. On a même appris à se connaître et je l'aime bien fort...
Pourquoi une belle fille comme toi est encore célibataire?
Cette réponse est trop simple :
-Parce que je suis plus intelligente que belle, connard.
Pourquoi tu es partie si loin pour être si malheureuse?
Ben non, justement je ne suis pas malheureuse... je suis venue ici pour trouver des réponses à ces stupides questions, me redéfinir en tant que mère et renforcir un peu plus le lien de ma famille.
Mais surtout pour découvrir ensemble de nouveaux paysages et se rappeller que la vie ne se définit pas par ce que les gens pourraient penser de nous.
Pis on avait envie d'aller voir ailleurs si on y était. Juste pour le fun.
Crois-tu que tes enfants vont t'en vouloir?
Celle-ci, c'est la mienne des derniers jours.
Mon père m'a dit une fois, pendant que nous peignions ensemble son logement en blanc "sloche" :
- Tsé, quoique tu souhaites pour tes enfants, ils ne deviendront pas ce que tu pense.
Ben moi, je pense qu'il a raison...
vendredi 24 septembre 2010
Un an à Whitehorse, ben quin!
Ouaip.
Allez vous préparer un café. Pis ajoutez-y du Baily's quin... j'en ai long à dire pis on fête notre première année ici.
Des nouvelles de moi
J'ai pris une méchante débarque ces trois dernières semaines. Mon orgueil s'est enfargé dans la réalité: celle de ne pas avoir trouvé de toit fixe, pas trouvé de job, pas avoir fini mon livre pis la douloureuse sensation de déjà-vécu, mais à l'autre bout du Canada. Loin de chez-nous. J'ai pris conscience qu'après un an ici, je n'ai pas atteint les objectifs que je m'étais imposé au départ.
C'est mon estime personnelle qui a pris ça dure. Je me suis sentie comme une larve, pis une larve incompétente en prime...
J'ai entrepris d'écrire mon premier roman au printemps, lorsque nous habitions chez Docteure Alpeza. Mon esprit s'étant libéré du soucis de trouver un logement, il m'était plus aisé de poser sur papier les mots qui tournoillaient dans ma tête depuis notre arrivé au Yukon. Parce que je vous aime bien et que vous nous suivez depuis longtemps, je vous révèle le synopsis du livre: c'est l'histoire d'une mère monoparentale de trois enfants qui décide de tout laisser et de partir avec sa gang à l'autre bout du pays. Loin, loin, loin...
De fait, cette histoire me touche beaucoup et l'écriture en devient donc un voyage à travers les dédales de notre histoire et de tous nos travers... justement. Je vous annonce un deuxième fait: écrire un roman, c'est complètement différent qu'écrire un blog. Parce que le roman s'adresse à un public différent: tous ceux qui ne nous connaissent pas. Alors tu prends ton temps pour mettre en scène, détailler les faits et incorporer les personnages pour laisser au lecteur une chance de s'attacher.
Avec vous et le blog, c'est facile! Vous nous aimez déjà et je peux garocher mes textes en quelques heures sans préliminaires... tsé...
Je ne sais pas si vous saviez, mais ma vie est assez fuckée...
J'ai eu beaucoup de peine en début d'été lorsque je me suis rendue compte que je ne pouvais pas finir ce roman et prendre soin de ma gang en même temps. Certaines personnes le pourraient, mais pas moi. Désolée. Grafigne sur mon orgueil.
Ensuite, j'ai reçu la lettre de Docteure Alpeza me demandant de quitter à la fin du mois. Elle avait besoin de son loyer pour acceuillir sa famille provenant de Bosnie pour l'année. Alors j'ai recommencé ma routine du journal, téléphones, refus... journal, téléphones, refus... journal... bon, vous avez compris le principe. Claque sur mon orgueil.
J'ai épluché les offres d'emplois. Mais la vérité, c'est que mon curriculum vitea contient un grand trou de quatre ans et que mon anglais est plutôt bouetteux. Crochet de droite sur mon orgueil.
On a reçu de la belle visite en août et ce plaisir fût aussi grand que la peine de voir mes parents repartir. On dirait qu'on s'ennuyait pas avant qu'ils viennent agrandir notre bulle. J'ai entendu Pop! quand l'avion s'est envolé.
Priscilla, les filles et moi complotions depuis trois mois pour aller faire un tour au Québec en octobre. Mais après réflexion intense, retournage de budget et relocalisation d'objectifs, nous avons conclus qu'il valait mieux remettre à un autre moment ce projet qui, pour moi, aurait pu être salutaire. KO pour mon orgueil.
Je ne sais pas pour les autres parents, mais personnellement, quand je file pas, je suis pas la mère la plus patiente et attentionnée qui soit. Mais tant qu'à être poche dans tous les domaines, autant l'être dans celui de mère aussi tsé. Pas de favoritisme. Mais à ce point, mon orgueil avait sacré son camp sans demander son 4%.
Alors je me suis enfermée dans mon cocon. J'ai rien fait: pas cherché de solution, pas essayé de faire semblant que tout allait bien, pas cherché les bons côtés ou la philosophie baba-cool qui me permet de survivre psychologiquement lorsque la vie me déçoit.
J'ai donné un break à mes pensées pour éviter que mon estime personnelle finisse par sacrer le camp avec mon orgueil.
Voilà où j'en suis. Pour l'instant.
Je compte bien me réparer, remplumer mes ailes (astiquer mon auréole) et finir ce putain de roman.
Ensuite, faire publier ce roman, le faire traduire en plusieurs langues et devenir riche pour pouvoir faire le tour du monde avec mes épices... mais c'est une autre histoire. Héhéhé...
Des nouvelles de notre vie
La cohabitation avec Priscilla est parfaite. Nous partageons son trailer (maison mobile) avec beaucoup d'aisance. On se sent chez-nous, avec elle. Nos boites sont entreposées dans son cabanon et les filles et moi partageons la même chambre. Comme d'habitude quoi...
C'est bon d'avoir une amie avec qui partagé les aléas de la vie. Son épouse Emma et elle sont fraîchement séparées alors mon amie compose aussi avec les grosses émotions, mais c'est bon d'être ensemble. Juste pas être seules. On peut se parler, ou pas...
Lorsque nous nous sommes rencontrés je parlais à peine anglais et elle me parlait d'un ton enjouée tout en me répétant régulièrement: Mon fronçâ c'est trop pitit me j'âme Kebec, çé un bel ville. Quelques semaines plus tard, elle nous ouvrait sa maison pour que nous puissions passer Noël avec mes parents sur Internet. À cet époque, notre anglais était tellement poche qu'on ne pouvait même pas communiquer pour savoir qu'est-ce les filles voulaient manger pour déjeuner.
C'est elle qui m'a appris à parler anglais. En riant comme des folles des nuits entières, juste à essayer de se comprendre...
Priscilla, c'est ma soeur-choisie Yukonnaise. Je compte bien lui présenter un jour Émilie-ma-jolie, Anie-depuis-toujours, Ma Marie-Josée, Cri-Cri et Nancy, qui sont mes soeurs-choisies aussi, histoire de réunir la famille.
Les filles l'adorent et je suis surprise de voir que Priscilla ne se lasse pas d'avoir trois grouilleuses pleines de vie et de demandes dans son quotidien. Au contraire, elle en redemande. Elle m'a même offert d'habiter ici à long terme! Je pense que la réponse s'impose d'elle-même. À défaut d'avoir trouver un home, c'est le home qui nous a trouvé.
Des nouvelles des filles
La Grande
La Grande va bien. Elle a été attaqué par des hormones adolescentes au printemps et on essaie de composer avec ce nouveau concept chez les four spices. Ben quin... je dois apprendre à vivre avec mon beubé qui change d'humeur journalièrement. C'est dure pour moi de devoir stabiliser les confrontations m'opposant à ma fille!
En théorie, je devrais gagné la partie. C'est le combat entre l'expérience et les bourgeons de tetons. Mais ciboire, la plupard du temps, elle a raison. Comme elle utilise mes armes et mon ton , je me retrouve dans le coin à reprendre mon souffle et changer ma stratégie.
Bref, j'exagère.
Je la vois s'allonger et se former tout en courbe de jeune fille. Je la vois prendre du piquant et de l'expérience. Je la voie s'affirmer et devenir, peu à peu, une adulte. Je la vois prendre des décisions pour elle... et prendre les bonnes en plus.
Je me vois avoir peur de perdre mon bébé. Je me vois tenté de garder le contrôle sur ma magnifique petite femme et avoir tord de vouloir le faire. Je me vois essayé de lui garder une parcelle d'enfance et je me vois aussi la poussé à devenir grande.
Je nous vois un peu perdus, toutes les deux, dans cette nouvelle situation. Je la vois forte. Je me vois impuissante. Mais surtout, je me vois fière d'elle...
J'aurais plein de savoureuses anecdoctes à vous raconter conçernant ces batailles, mais je vais lui en parler d'abord. Par respect.
La Rouquine
La Rouquine va bien. Sa prof prend un malin plaisir (je crois) à m'envoyer des messages conçernant son comportement à l'école. Le premier courriel fût pour me faire savoir que la Rouquine est une élève exemplaire mais que cette dernière devra faire attention à ne pas lire pendant que son professeur parle. Hé ben...
(Une partie du texte a été flushé ici par une Rouquine...)
Je pense que le message a passé!
Je pense aussi que sa prof aime bien ma petite liseuse. Elles se connaissent bien puisque c'est elle qui lui enseignait l'année dernière aussi.
L'apprentissage de l'anglais va bien itou. La Grande et elle communiquent aisément avec Priscilla et les autres anglophones qu'elles rencontrent.
C'est vraiment impressionant de voir ses filles parler une autre langue. Ça me fait du bien de savoir qu'un de mes objectifs est en voie d'être atteint.
La Louve
La Louve va bien. C'est ordinaire à l'école parce que c'est un peu plus difficile pour elle d'apprendre à lire et à écrire. Mais je pense qu'elle est bien entourée d'un paquet 'd'ologue' qui sont là pour l'aider...
Son anglais va bien aussi. On lui a demandé cette semaine de nous dire tous les mots qu'elle pouvait dire en anglais, les voici:
Yes.
No.
Please.
Hello.
Thank you.
How are you?
I'm fine.
I love you tooooooo.
Can I play with the Wii?
Cette semaine, j'ai entrepris de la faire débarquer de son statut de ti-beubé. Cette étape de sa vie consiste à lui donner des responsabilités de grande fille.
J'ai commencé par lui enseigner à faire les lits. (En fait, j'ai plutôt déléguer cet enseignement de tâche à Priscilla puisque j'étais déjà prise à montrer à laver la vaisselle à l'eau bouillante à la Grande.) Je lui ai ensuite appris à débarasser la table, laver sa boite à lunch, plier des serviettes, essuyer les plats de plastiques et toute la vaisselle incassable, se chercher des bas pareil... bref, tout ce qu'une grande fille à besoin d'apprendre quand le temps est venu de grandir un peu.
Elle était tellement fière!!!
Tellement qu'après sa grosse demi-heure de torchage de grande, elle m'a demandé, les larmes aux yeux:
- Moi aussi, maintenant que je suis grande, je peux avoir mon MSN et mon Facebook?
- Bin quin beauté, c'est clair que ça vient avec des responsabilités de grande! Lui répondis-je.
Les deux autres épices en ont profité pour s'agglutiner autour de notre conversation.
- Mais tu dois savoir que tout ce que tu vas écrire, tu dois le montrer à maman. C'est un bon exercice pour lire et écrire mais tu ne peux pas faire n'importe quoi parce que c'est un endroit public et qu'il y a des règles. Ajoutais-je.
- Ouais, et tu dois faire attention aux photos que tu mets en public! Dis la Grande.
Parce que n'importe qui peut voir tes photos. Tu peux pas être couchée sur un lit, par exemple. Tu peux pas non plus faire un duck face. Pis fais attention à être bien habillée!
- Demandes toujours à maman ou à nous qui tu peux accepter comme amis aussi. Dis La Rouquine. Prends pas tout le monde. Faut que tu nous demande avant, c'est bien important!
- Okay, alors je vais faire une face comme ça!
La Louve nous a fait sa face d'ange devant un imaginaire kodak.
Alors je me suis dis que j'ai des bonnes filles. Non seuleument elles ont appris comment ça marche internet, mais en plus elle savent se comporter dans la réalité virtuelle. Une autre mission accomplie. Je sais que si quelque chose cloche, j'ai une chance sur trois d'avoir une alarme. Je sais qu'elles savent se protéger entre elles.
Elles savent aussi qu'un duck face, c'est laitte en criss.
Les maux de la fin
Ben voilà, il neige ce soir.
C'est vrai que je m'ennuis de vous. Je m'ennuis de ceux qu'on aime.
Je m'ennuis d'un café avec Émilie-ma-jolie ou MA Marie-Josée quelque part sur la rue St-Jean à travers nos vies soudoyés par le temps mais Oh combien salutaire à notre sanité d'esprit.
Je m'ennuis des déjeuners du dimanche avec mes parents dans le vieux Québec. Des rencontres avec crêpes ou oeufs brouillés. Clue, Géocaching ou pizza dans le salon.
Je m'ennuis de l'Halloween avec Suzanne et Richard.
Je m'ennuis de Jacques et Jacqueline.
Je m'ennuis des party de voisins. Je m'ennuis de la vue sur Québec et de la liberté de ce dernier trop petit logement. Les voisins étaient les définitions même des mots respect: vivre et laisser vivre, liberté et bonheur.
Je m'ennuis du dépanneur Orange.
Je m'ennuis de prendre une bière 'le plus n'importe où possible' avec l'Ami St-Jean. Ce qui me fait penser que j'ai oublié de lui donner mon nouveau numéro de téléphone, pour prendre une bière n'importe où encore. Lui qui m'appelle tous les jours de n'importe où au Québec dans sa condition de trucker.
Je m'ennuis de Serge et sa gang de fous dont je fesais partie.
La régularité des mercredis bénévolat me manque terriblement aussi. J'y ai rencontré des êtres généreux, dévoués et sublimes. Des gens fuckés aussi. Mais j'aime ça.
Même le bénévolat n'a pas voulu de moi ici.
Gadozama et notre toute neuve amitié me manque grandement, mais j'imagine qu'elle n'aurait jamais jaillit dans un décor trop routinier. Nous avions besoin d'un grand choc pour nous rencontrer.
Je veux fabriquer les costumes d'Halloween de Zack et Alex.
Je veux être près de François le plombier, ami depuis trop longtemps, qui s'avère avoir envie de toucher quelque chose qui ressemble à un rêve... je suis encore là, mais trop loin. Désolée, je peux pas faire mieux.
Je veux revoir JS et Martin réunis après tant d'années, Nancy et Alyssia en Beauce, Johny et son nouveau poupon.
Je veux taponner la bedaine de Cri-Cri. Chanter des chansons débiles à Heidi pendant qu'elle est encore juste une nobody dans une bedaine. J'irai lui chanter plein de chansons bientôt mais... c'est pas pareil que dans la bedaine.
Je veux peindre des montagnes sur les murs de la chambre de Leiticia et de Benjamin.
Je veux acheter le bureau d'Amélie qui part en Syrie.
Mais dans le fond, je suis pas si malheureuse.
Il neige dehors.
J'avais juste besoin de faire le point.
Après un an, je constates que la situation a vraiment changé dans notre p'tit monde au Québec. La moitié des choses que je voudrais faire ne peuvent plus se faire et l'autre moitié se trouve à être aussi compliqué qu'à l'époque où nous y étions encore. Alors...
Je me sens déjà mieux maintenant que j'ai écrit ce blog.
Ça devrait être plus facile de noircir les pages de mon livre... les pages blanchissaient dangeureusement ces derniers temps.
Ce matin j'ai rendez-vous avec Hannah. Vous vous souvenez d'Hannah? C'est la dame qui devait m'aider à refaire mon CV et m'aider à trouver un emploi. Okay.
Ben j'ai pas trouvé d'emploi, mais j'ai trouvé une amie avec mon Hannah ici. C'est comme ça le Yukon. Les montagnes sont grandes, la température est drastique et les amis se présente au compte-goutte.
Et l'amitié, c'est tout ce qui compte, après tout.
Les flocons de neige se multiplient dehors au Yukon... en septembre.
Aujourd'hui, ça fait un an que nous sommes parties.
Et Priscilla vous fait dire: J'esperrre que mo froçâ é plu méyeur... ju protik more pleusss mo froçâ dipui keke semènnnne.
Elle vient de finir un bonhomme de neige dehors avec la Louve... la Louve barguine en anglais pour un deuxième super bonhomme à boutons de guimauves.
Dehors il neige et nos superbes montagnes sont ensevelies de blanc. Je vais donc dehors, ben quin...
dimanche 5 septembre 2010
Où est passé le mois d'août?
Je ne sais plus si je dois persévérer ou si le Yukon ne veut simplement pas de nous.