vendredi 17 décembre 2010

Une p'tite vite avant le rush de Noël

J'ai décidé qu'il vallait mieux pour moi de faire des journées complètes au travail que des heures coupées et improductives. Depuis, je quitte la maison 30 minutes avant mes filles et j'arrive au travail quand il fait noir comme dans le cul de békète la poule au lieu d'arriver entre le chien et le loup (ici, les chiens et les loups cohabitent très bien, surtout l'hiver). J'aime. J'ai même le temps de me prendre un café latté, caputt ou reg... et La Grande est bienheureuse de prendre soin de la maisonnée, enfin, qu'elle me dit. Quand je reviens à la maison, ça fait déjà deux heures qu'il fait noir comme dans le cul de la même ci-nommée békète de poule.

J'apprends à battre mon rythme entre la voix rugueuse de la gitane et la mélodie doucereuse d'une vie syndiquée. Je me délecte de découvrir dans sous ses sens inconnus pour les four-spices: conciliation travail-famille. C'est nouveau, c'est bien. Ma plume s'acère dans un monde qui ne la connait guère et s'affine pour le blog.

En bref, j'ai beaucoup de choses à vous raconter. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Surveillez régulièrement ici durant la semaine de vacances que j'aurai à Noël.

Pour ceux qui veulent recevoir un ti-kekchose d'improvisé pour le temps des fêtes, il est encore temps puisque rien n'est partit du Yukon encore. Vous le recevrez, comme à chaque année, en retard: entre Noël et le jour de l'an. Comme d'habitude. Je vous laisse jusqu'à dimanche pour vous manifester.

Lundi, la harde de petites pensées partira.

Voici notre adresse: fours_spices@hotmail.com

mercredi 24 novembre 2010

Les premières fois

C'est la saison des premières fois chez les Four Spices.

La première coloc

La première fois que l'épice-en-cheffe partage les tâches quotidiennes de sa meute d'épices avec une Priscilla qui veille bien à ce que nous manquions de rien. Je ressens même un petit mou dans mes stress financiers et techniques qui me titille l'envie de rester ici encore un ti-boutte: le temps de m'habituer à vivre sans baisse de pression, tachycardie ou 'pognage de nerfs' dû à un surplus de petits détails journaliers.

Les points communs de notre collocation: on aime les mêmes films, les mêmes musiques, le même bordel qui semble cahotique à l'oeil de l'impie, le même humour, les mêmes sujets géo-politique-socio-culturel-humain. Mais d'abord et avant tout, on aime parlé d'une Grande, d'une Rouquine et d'une Louve.

Les différences: elle parle anglais et je parle français. Elle aime la margarine et j'aime le beurre. Elle aime les femmes et j'aime les hommes.

Nonobstant ces quelques différents, la vie est plutôt simple pour nous ici avec Priscilla. L'épicerie, les lunchs, les rendez-vous pour les enfants, les besoins monétaires assouvis, les petits moments précieux et la création de souvenirs communs deviennent vie courante et bienvenue pour quatre jeunes femmes un peu fatiguées par les aléas de la vie dans le contexte des dernières années.

Anyway, le beurre, c'est bien meilleur. Tout le monde le sait. Allez lui dire...

Le premier show

Bon, c'est pas le premier show que mes beubés m'octroient depuis leurs années de scolarité. C'est juste la première représentation de l'année scolaire qui débute ainsi que la première fois qu'elles chantent au Gala de la Francophonie. Rien de moins. Rien de plus non plus.

La Grande et La Louve ont donc participées fièrement à la chorale de l'école Émilie-Tremblay qui a chanté l'hymne de Gilles Vigeault: le Grand Cerf-Volant, au grand plaisir de quelque 300 personnes présentes pour cet événement.

Ça, c'était cool.

La première glissade

Première glissade sous une féérie blanchâtre qui nous a enchantée deux jours entiers. Ça tombait le flocon 'au plus fort la pelletée de neige'. Tellement que le voisin a dû sortir son grattoir à neige électrique: l'équivalent d'une brosse à soulier grandeur rotor-à-gazon des années 50 au Québec. Bref... y neigeait fort, mais j'ai pas encore vu une vraie souffleuse à neige au Yukon.

Mon amie Guylaine nous a donc offert de nous laisser glisser le fessier sur divers types de tape-cul sous cette neige ondoyante. On a même eu droit à un délicieux spaghetti aux boulettes concocté par son époux Greg et un 'film de filles' et pop-corns pour la gang à Andréa, Tashie (les découvertes de hommi garandi au Yukon) et les épices pour la soirée pendant que les valeureuses mamans appronfondissaient leur amitié.

On aime ça.

La première journée au travail

J'ai aussi débuté un stage au sein du journal francophone de Whitehorse et j'en suis très fière. Très très très fière pour plusieurs raisons.

Parce que depuis plusieurs années, je suis maman à la maison et que ça me fait du bien de changer de statut social.

Parce que je suis officiellement stagiaire-journaliste et que je trouves que ça se glisse bien dans une conversation. Ouaip.

Parce que je suis heureuse d'avoir de nouveaux défits qui me conviennent et de pouvoir dire à mes filles: 'Hey les filles, gardez vos rêves bien vivants: ils sont ce que vous êtes'.

Parce que je sais maintenant que j'avais raison de croire à tous ces rêves...

Parce que j'aime bien toutes ces premières fois.

lundi 15 novembre 2010

La visite de Marianne






Nous!









Dexter et nous!








La voix de ta consciiiiienceeeeee...








Petit moment de répit... chuuut...







Par-dessus Whitehorse.









PEACE












Ma p'tite m'amzelle Mariaaaaaneee...







Veni, vidi, r'parti.

Nous avons adoré avoir Marianne dans nos pattes pour quelques jours. Je l'aurais bien agrippé avec mes tentacules enfantasmes pour quelques années. Mais ainsi va Marianne: vivre et laisser laisser vivre, peace and love, nourriture vivante et autant pourra en emporter le vent...

Elle est ce que je serais sans mes elles.
Quand on pense à Marianne, ça sent bon le patchouli, le pot et le tofu.

On t'aime la gitane-urbaine! Vraiment. On la trouvera notre terre pleine de bio-culture, d'herbes et de germinations. D'ici là, bon voyage! Moi, j'ai perdu un verre de contact à te pleurer trop ardemment.

mercredi 3 novembre 2010

Making of Halloween 2010

Enfin! Toutes les photos du making of d'halloween... y'était temps! Le thème: les poupées. Le but: faire peur aux amis de la maternelle. Au final: la poupée de chiffon a fait fureur partout. La poupée de porcelaine et la poupée gothique ont juste été merveilleuses.






Deux poupées. La poupée de chiffon et la poupée de porcelaine.









Rag doll, détails.










Mes poupées, prêtes pour l'école.









Deux heures de maquillages pour trois poupées.









La porcelaine.











La poupée gothique.











Le chiffon.











La porcelaine de Marianne le soir d'halloween.










Ma face après la job d'une poupée de chiffon.










Les Halloweeneuses... avec l'attitude.









La mort nous a apporté des bonbons. Parce que les fleurs c'est périssable. Et que la mort était bien plus grande que nous: vallait mieux prendre les bonbons.







Telle est ma quête...










Les tartulineuses au travail.






Peut-être que si vous êtes sages, vous aurez la vidéo qui vient avec...

jeudi 14 octobre 2010

Réflexion faite...

Le désir de voyager est tellement fort que j'ai pensé laisser mes filles au Québec avec des gens qu'elles aiment et partir ailleurs. Oui, vraiment! Vous ramener la troupe et câlisser mon camp. Sans elles, juste partir.

Les options s'amenuisent avec trois kids autour. Alors j'ai dû élargir mon horizon et réfléchir sans l'équation du 'fois quatre'. Juste pour voir. J'ai pensé aller au show de Rammstein à Sao-Paulo et y passé une semaine ou deux. Vivre en Europe six mois avec Josy. Faire de la coopération en Afrique un an ou deux. Marier Damien pour la France ou Hassan pour la Suède. Prendre mon pouce et le suivre là où le vent nous portera. Gnia, gnia, gnia...

Partir sans elles, c'est partir sans ailes. Dans mon cas.

- Tu ne peux pas séparer les Four-Spices maman. M'a garoché La Rouquine.

Alors j'ai pleuré toutes les larmes que j'avais oubliés quelque part au fond de ma conscience ces dernières années.

J'aimerais bien rêver d'une maison, d'une piscine hors-terre et d'une job stable.

J'essaie. Très fort même.

Le Yukon nous convient toujours. Pour l'instant. Nous y sommes heureuses. C'est le principal non? Nous y avons trouvé paix, stabilité et bonheur quotidien. La base.

Mais la stagnation ne me convient pas.

Et réflexion faite, mes filles viendrons avec moi partout où j'irai. Nos épices n'aurons jamais le même goût si on les ajoutes à une autre sauce. On ne mélange pas les Four-Spices. On ne change pas une bonne recette.

On avait dit quoi? Deux ans ici? Le temps passe vite...

lundi 27 septembre 2010

Résumé de vie

Voici une liste de questions stupides à lesquelles j'ai dû répondre à travers les années.

Toutes les questions idiotes que vous lirez ici sont le produit de la stricte réalité. Les réponses aussi. Si vous avez d'autres questions à la suite de ce texte, veuillez m'en faire part, je suis curieuse.

Qu'est-ce que tu fais dans la vie?

- Je suis dans l'élevage...

- Haaa oui? L'élevage de quoi?

- L'élevage d'enfants.

- ?

- Ça consiste à veiller aux soins de futures adultes. Je veille à ce qu'elles aient un toit, de la nourriture et de l'amour tous les jours. Je m'assure aussi qu'elles réussissent à l'école, sentent bon la plupart du temps et ne se salissent pas trop lorsqu'elles mangent. Surtout en public. Je vérifie qu'elles soient convenablement habillées en toutes saisons, qu'elles bénéficient d'activités ludiques, culturelles et sociales à tous les jours. Je les informe sur tous les sujets dont : comment on fait les bébés, pourquoi la guerre existe, qu'est-ce qu'un tremblement de terre, pourquoi le soleil tourne autour de la terre, d'où viennent les humains, qui est dieu, où vont les araignées en hiver, etc... Je dois aussi leurs apprendre à se protéger contre les pédophiles, les mauvais rhumes et les petites pétasses qu'elles cotoient de temps en temps à l'école.

Oui, mais à part ça, qu'est-ce que tu fais dans la vie?

Rien. Je ne fais rien d'autre. Dans une autre vie, j'ai fait plein de métiers. J'en ai eu plusieurs parce que je n'ai jamais aimé, je n'aime pas et que je n'arriverai jamais à aimer la routine.

L'élevage d'enfants et mes objectifs professionnels ont bien tenté de cohabiter sur le même espace-temps. Mais malheureusement, mon corps m'a informé sans préambule qu'il m'était impossible d'emboiter ensemble ces deux projets et m'a laissé, telle une mouffette effouèrée au millieu de la chaussée, complètement applatie.

C'était il y a quatre ans.

J'ai eu grand peine à reprendre mon souffle.

Depuis je vis de l'aide sociale.

J'espère que tu ne feras pas une carrière sur l'aide sociale?

Oui! Oui! Je l'ai déjà entendu celle-là! Par un membre de ma propre famille...

Ben c'est clair que j'ai envie d'être humiliée le reste de mes jours avec 580$ par mois pis le triple de préjugés pour faire vivre ma famille!

Comment ça donc? On devient pas riche quand on fait des enfants? Haaaa ben!

Tout le monde rêve d'utiliser le dernier recours pour se faire rappeler que t'es juste une merde, que tu vis sur le "système" et que anyway, si jamais t'aurais éventuellement l'espoir d'avoir une envie de penser à des projets d'avenir, tu y penseras après avoir trouvé de quoi donner à manger pour déjeuner à ta marmaille!

Ben... tu y penseras peut-être après le diner si tu trouve à manger. Ou avec de la chance, après le souper. Ben dans l'fond, tu y penseras demain... profites de ta soirée parce que tout le monde a mangé aujourd'hui.

Et puis cette journée, elle m'a épuisée... et l'autre ensuite... et l'autre.. et...

Quand le téléphone sonne, j'ai pas toujours envie de répondre.

Ma mère (ou ma tante, ma grand-cousine ou ma voisine-chose-là...) a eu 8 enfants pis elle se plaignait pas!

Il est fort probable que ses enfants jouaient dewors avec les 23 autres enfants du quartier sans se demander si la température fittait avec les dernières mitaines, si un bras allait être éraflé ou si un pédophile allait violer l'un de ses enfants. Pis c'était correct de même.

Elle laissait ses poussins se faire engueuler par la madame d'en face quand ils tiraient des oeufs dans les fenêtres. Elle sortait son mercurochrome juste en cas de bobo-qui-saigne. Elle gueulait dewors pour faire venir les affamés à l'heure des repas.

Pendant que la meudame frottait le plancher, les trois plus vieux lavaient la vaisselle, rapportaient les commissions du magasin au coin, changeaient les couches et morvaient le nez des plus p'tits.

C'était correct comme ça. C'était une fierté d'avoir une maison astiquée pis des enfants crottés à la fin de la journée.

Elle pouvait donner à boire du lait caillé, du gruau à tous les déjeuners ou bedon des petakes jaunes régulièrement sans se soucier des oligo, polyin ou oméga. Les allergies n'étaient pas un danger pour toute la société.

Ces femmes là ne travaillaient pas. Elles ne fesaient RIEN! C'est clair non?

Ce modèle ne convient plus à la réalité d'aujourd'hui.

J'ai essayé bien fort de me faire pousser six bras, j'ai pas encore réussi. Les besoins des enfants d'aujourd'hui sont complètement différents de ceux de votre grand-mère, grand-tante ou de la vieille madame chose, okay là?

Ma mère était monoparentale, elle étudiait et travaillait, tout en élevant ses trois enfants.

La réponse sous-entendue ici est que je devrais : ou ben suivre son exemple, ou ben être plus forte que cet immaculée modèle, ou ben me sentir mal parce que je ne suis ni l'un ni l'autre.

J'abdique. Je ne me sens pas l'âme d'une Wonder-Woman. J'ai beaucoup d'admiration pour toutes les femmes qui savent éplucher une carotte plus vite que son ombre...

Amen.

Mais qui s'occupe des enfants pendant que maman n'est pas là? Vous en connaissez beaucoup des femmes qui peuvent être à deux endroits à la fois?

Tant mieux si votre maman avait plus d'énergie qu'un hamster sur l'ectasie prêt à sauver le monde dans sa roulette. Moi, j'ai juste pas assez de jus pis j'ai été obligée de faire des choix.

Est-ce que tous tes enfants sont du même père?

Pour répondre à cette question, je vous dois la discussion intégrale que Émilie-ma-jolie et moi-même avons eu autour d'un de nos sempiternels cafés bus ensemble sur la rue St-Jean, dans le vieux-Québec.

À cet époque, Émilie-ma-jolie me faisait part de la venue d'un troisième enfant pour sa famille qu'elle rêvait nombreuse.

- Mais qu'est-ce que les gens vont penser? J'ai déjà deux enfants avec deux pères différents!
- On s'en câliss de ce que les gens pensent! Lui répondis-je.
- Au mieux, y'a personne qui pourra me reprocher de continuer à croire que cette fois-ci, ça peut marcher... qu'elle me répondit.

Avec raison.

Un accouchement et deux ans plus tard, voici la suite de la discussion autour d'au autre café :

- Tsé, Émilie-ma-jolie, moi j'ai eu trois filles avec le même père pis je suis même pas foutue d'avoir un semblant de relation cordiale avec lui. C'est l'échec total. Toi, non seulement tu as trois enfants, mais en plus tu t'entends bien avec les trois pères, ils prennent tous soins des enfants et en plus, ils s'entendent bien entre eux. Je pense que c'est un 300% de réussite ça...

Alors je répondrai... oui, mes enfants sont tous du même père. Mais who cares?

Tu dois avoir une bonne pension du père avec trois enfants?

Non. Considérons le père décédé sans avoir prévu une assurance-vie. Point. Loin de moi l'intention de labourer le passé pour quelques piasses.

Pourquoi avoir eu trois enfants?

Parce que je ne me suis pas posé de question avant. Parce qu'un enfant, même si tu prends des précautions, c'est vachement facile à conçevoir. Parce que j'ai cru que ça pouvait marcher. Parce que j'aime l'aventure. Parce que j'étais amoureuse. Parce que je ne pense jamais aux conséquences de mes actes. Parce que j'aime ça me réveiller en pleine nuit pour changer des couches. Parce que je suis irresponsable. Parce que j'aime ça, prendre soin d'un petite vie pleine d'avenir. Parce que j'aime les défis. Parce que j'aime...

Je ne sais pas. Je ne me suis jamais posé la question. C'est comme ça, c'est tout.

T'es ben trop jeune pour avoir des enfants!

Non. C'est ma face qui a l'air jeune, pas mon coeur.

J'ai eu mon premier bébé à 21 ans: j'étais majeure aux États-Unis. Je vois autour de moi mes amies dans la trentaine et sans enfant avoir envie de se reproduire pour une horloge qui ne tinte plus pour moi. Ce qui est bien.

À 39 ans, j'irai boire une bière dans un pub avec mon ainée pour ses 18 ans. À 41 ans, je louerai un chalet pour fêter la majorité de la deuxième avec mes trois filles. À 43 ans, j'aurai encore l'âge de partir sur le pouce avec ma troisième.

Pour l'instant, j'ai 32 ans, trois donzelles et tout l'avenir à nos pieds.

Pourquoi tu ne retournes pas aux études?

Parce que je sais pas en quoi étudier. Alors j'irai m'endetter quand je serai absolument certaine du pourquoi.

Pourquoi tu ne vas pas travailler?

Parce que mon corps refuse de répondre à toutes mes demandes depuis quatre ans. Je l'ai scrappé et la reconstruction est plus longue que prévue. Parce que j'ai déjà un travail : j'élève trois futures payeuses de taxes et pour l'instant, c'est le mieux que je puisse faire.

Je pense que je le fais bien.

Pourquoi tu te trouves pas un bon mec pourvoyeur?

Cette question aussi est réelle! Elles le sont toutes mais certaines me traumatisent plus que d'autres... dont celle-ci. Croyez-le ou non, cette question est issue de bouches aussi féminines que masculines...

Ma cousine et moi avons un vécu similaire : nous avons le même âge, avons eu trois enfants à peu près dans les mêmes délais et nous nous sommes séparées... à un enfant près. L'une vient de la ville, l'autre de la campagne. Nous nous croisons, depuis nos années de maternité, qu'en cas extrême de baptême ou de décès. Ce qui arrive rarement.

Lors de ce genre d'événement de famille et suite à nos similaires séparations, ma cousine a cru bon de m'offrir ce bon conseil :

- Tsé, ma cousine, la seule façon de survivre pour une mère monoparentale est de se caser.

J'ai eu une hésitation entre rire ou frapper.

J'ai ri.

Du coup, je me suis souvenue de cette anecdote datant de quelques années plus tôt. Lorsque j'avais 18 ans, je revenais tout juste d'Afrique où j'avais laissé mes parents jouir de leur toute nouvelle liberté parentale (que je comprends aujourd'hui) et j'eue l'idée saugrenue de visiter ma famille du coté de ma mère, à la campagne.

Pour cette mémorable réunion familiale, ma grand-mère, emplie d'un grand sentiment maternel tout en oubliant mon prénom, a cru bon de me faire savoir que ma mère était irresponsable de laisser ses deux enfants (agés de 18 et 22 ans) dans le besoin ainsi. Je n'en fût guère outrée, puisqu'elle avait tort. La phrase perturbante vint de mon oncle que je connaissais à peine. Il était âgé de moins de 45 ans et me garocha ceci :

- Moi, je comprends pas pourquoi ta mère travaille. Ton père devrait avoir honte de laisser ta mère travailler. Moi, je veux pas que ma femme travaille. Si elle veut faire du bénévolat, c'est correct. Mais ta mère a pas d'affaire à travailler.

On parle de 1997. Ce fût mon premier choc des générations. Ou du moins, le plus intense.

Depuis, d'autres jeunes femmes et d'autres hommes de plus de 40 ans ont tenté de me convraincre qu'un pourvoyeur, c'est sain et normal.

Sachez que je ne me fais pas polluer ainsi par des idées qui datent des années 50. Même si, par là même, j'ai appris contre mon gré que ce genre de mentalité existe bel et bien encore. Ma naïveté de jeune femme libre fût atteinte en son âme plus d'une fois depuis... mais jamais full longtemps.

Je tiens à souligner que cet oncle en question a bien changé depuis. On a même appris à se connaître et je l'aime bien fort...

Pourquoi une belle fille comme toi est encore célibataire?

Cette réponse est trop simple :

-Parce que je suis plus intelligente que belle, connard.

Pourquoi tu es partie si loin pour être si malheureuse?

Ben non, justement je ne suis pas malheureuse... je suis venue ici pour trouver des réponses à ces stupides questions, me redéfinir en tant que mère et renforcir un peu plus le lien de ma famille.

Mais surtout pour découvrir ensemble de nouveaux paysages et se rappeller que la vie ne se définit pas par ce que les gens pourraient penser de nous.

Pis on avait envie d'aller voir ailleurs si on y était. Juste pour le fun.

Crois-tu que tes enfants vont t'en vouloir?

Celle-ci, c'est la mienne des derniers jours.

Mon père m'a dit une fois, pendant que nous peignions ensemble son logement en blanc "sloche" :
- Tsé, quoique tu souhaites pour tes enfants, ils ne deviendront pas ce que tu pense.

Ben moi, je pense qu'il a raison...

vendredi 24 septembre 2010

Un an à Whitehorse, ben quin!

Bon, voilà... dans deux heures, ça fera un an pile que nous avons posé nos pieds pour la première fois à Whitehorse. Une année entière.

Ouaip.

Allez vous préparer un café. Pis ajoutez-y du Baily's quin... j'en ai long à dire pis on fête notre première année ici.

Des nouvelles de moi

J'ai pris une méchante débarque ces trois dernières semaines. Mon orgueil s'est enfargé dans la réalité: celle de ne pas avoir trouvé de toit fixe, pas trouvé de job, pas avoir fini mon livre pis la douloureuse sensation de déjà-vécu, mais à l'autre bout du Canada. Loin de chez-nous. J'ai pris conscience qu'après un an ici, je n'ai pas atteint les objectifs que je m'étais imposé au départ.

C'est mon estime personnelle qui a pris ça dure. Je me suis sentie comme une larve, pis une larve incompétente en prime...

J'ai entrepris d'écrire mon premier roman au printemps, lorsque nous habitions chez Docteure Alpeza. Mon esprit s'étant libéré du soucis de trouver un logement, il m'était plus aisé de poser sur papier les mots qui tournoillaient dans ma tête depuis notre arrivé au Yukon. Parce que je vous aime bien et que vous nous suivez depuis longtemps, je vous révèle le synopsis du livre: c'est l'histoire d'une mère monoparentale de trois enfants qui décide de tout laisser et de partir avec sa gang à l'autre bout du pays. Loin, loin, loin...

De fait, cette histoire me touche beaucoup et l'écriture en devient donc un voyage à travers les dédales de notre histoire et de tous nos travers... justement. Je vous annonce un deuxième fait: écrire un roman, c'est complètement différent qu'écrire un blog. Parce que le roman s'adresse à un public différent: tous ceux qui ne nous connaissent pas. Alors tu prends ton temps pour mettre en scène, détailler les faits et incorporer les personnages pour laisser au lecteur une chance de s'attacher.

Avec vous et le blog, c'est facile! Vous nous aimez déjà et je peux garocher mes textes en quelques heures sans préliminaires... tsé...

Je ne sais pas si vous saviez, mais ma vie est assez fuckée...

J'ai eu beaucoup de peine en début d'été lorsque je me suis rendue compte que je ne pouvais pas finir ce roman et prendre soin de ma gang en même temps. Certaines personnes le pourraient, mais pas moi. Désolée. Grafigne sur mon orgueil.

Ensuite, j'ai reçu la lettre de Docteure Alpeza me demandant de quitter à la fin du mois. Elle avait besoin de son loyer pour acceuillir sa famille provenant de Bosnie pour l'année. Alors j'ai recommencé ma routine du journal, téléphones, refus... journal, téléphones, refus... journal... bon, vous avez compris le principe. Claque sur mon orgueil.

J'ai épluché les offres d'emplois. Mais la vérité, c'est que mon curriculum vitea contient un grand trou de quatre ans et que mon anglais est plutôt bouetteux. Crochet de droite sur mon orgueil.

On a reçu de la belle visite en août et ce plaisir fût aussi grand que la peine de voir mes parents repartir. On dirait qu'on s'ennuyait pas avant qu'ils viennent agrandir notre bulle. J'ai entendu Pop! quand l'avion s'est envolé.

Priscilla, les filles et moi complotions depuis trois mois pour aller faire un tour au Québec en octobre. Mais après réflexion intense, retournage de budget et relocalisation d'objectifs, nous avons conclus qu'il valait mieux remettre à un autre moment ce projet qui, pour moi, aurait pu être salutaire. KO pour mon orgueil.

Je ne sais pas pour les autres parents, mais personnellement, quand je file pas, je suis pas la mère la plus patiente et attentionnée qui soit. Mais tant qu'à être poche dans tous les domaines, autant l'être dans celui de mère aussi tsé. Pas de favoritisme. Mais à ce point, mon orgueil avait sacré son camp sans demander son 4%.

Alors je me suis enfermée dans mon cocon. J'ai rien fait: pas cherché de solution, pas essayé de faire semblant que tout allait bien, pas cherché les bons côtés ou la philosophie baba-cool qui me permet de survivre psychologiquement lorsque la vie me déçoit.

J'ai donné un break à mes pensées pour éviter que mon estime personnelle finisse par sacrer le camp avec mon orgueil.

Voilà où j'en suis. Pour l'instant.

Je compte bien me réparer, remplumer mes ailes (astiquer mon auréole) et finir ce putain de roman.

Ensuite, faire publier ce roman, le faire traduire en plusieurs langues et devenir riche pour pouvoir faire le tour du monde avec mes épices... mais c'est une autre histoire. Héhéhé...

Des nouvelles de notre vie

La cohabitation avec Priscilla est parfaite. Nous partageons son trailer (maison mobile) avec beaucoup d'aisance. On se sent chez-nous, avec elle. Nos boites sont entreposées dans son cabanon et les filles et moi partageons la même chambre. Comme d'habitude quoi...

C'est bon d'avoir une amie avec qui partagé les aléas de la vie. Son épouse Emma et elle sont fraîchement séparées alors mon amie compose aussi avec les grosses émotions, mais c'est bon d'être ensemble. Juste pas être seules. On peut se parler, ou pas...

Lorsque nous nous sommes rencontrés je parlais à peine anglais et elle me parlait d'un ton enjouée tout en me répétant régulièrement: Mon fronçâ c'est trop pitit me j'âme Kebec, çé un bel ville. Quelques semaines plus tard, elle nous ouvrait sa maison pour que nous puissions passer Noël avec mes parents sur Internet. À cet époque, notre anglais était tellement poche qu'on ne pouvait même pas communiquer pour savoir qu'est-ce les filles voulaient manger pour déjeuner.

C'est elle qui m'a appris à parler anglais. En riant comme des folles des nuits entières, juste à essayer de se comprendre...

Priscilla, c'est ma soeur-choisie Yukonnaise. Je compte bien lui présenter un jour Émilie-ma-jolie, Anie-depuis-toujours, Ma Marie-Josée, Cri-Cri et Nancy, qui sont mes soeurs-choisies aussi, histoire de réunir la famille.

Les filles l'adorent et je suis surprise de voir que Priscilla ne se lasse pas d'avoir trois grouilleuses pleines de vie et de demandes dans son quotidien. Au contraire, elle en redemande. Elle m'a même offert d'habiter ici à long terme! Je pense que la réponse s'impose d'elle-même. À défaut d'avoir trouver un home, c'est le home qui nous a trouvé.

Des nouvelles des filles

La Grande

La Grande va bien. Elle a été attaqué par des hormones adolescentes au printemps et on essaie de composer avec ce nouveau concept chez les four spices. Ben quin... je dois apprendre à vivre avec mon beubé qui change d'humeur journalièrement. C'est dure pour moi de devoir stabiliser les confrontations m'opposant à ma fille!

En théorie, je devrais gagné la partie. C'est le combat entre l'expérience et les bourgeons de tetons. Mais ciboire, la plupard du temps, elle a raison. Comme elle utilise mes armes et mon ton , je me retrouve dans le coin à reprendre mon souffle et changer ma stratégie.

Bref, j'exagère.

Je la vois s'allonger et se former tout en courbe de jeune fille. Je la vois prendre du piquant et de l'expérience. Je la voie s'affirmer et devenir, peu à peu, une adulte. Je la vois prendre des décisions pour elle... et prendre les bonnes en plus.

Je me vois avoir peur de perdre mon bébé. Je me vois tenté de garder le contrôle sur ma magnifique petite femme et avoir tord de vouloir le faire. Je me vois essayé de lui garder une parcelle d'enfance et je me vois aussi la poussé à devenir grande.

Je nous vois un peu perdus, toutes les deux, dans cette nouvelle situation. Je la vois forte. Je me vois impuissante. Mais surtout, je me vois fière d'elle...

J'aurais plein de savoureuses anecdoctes à vous raconter conçernant ces batailles, mais je vais lui en parler d'abord. Par respect.

La Rouquine

La Rouquine va bien. Sa prof prend un malin plaisir (je crois) à m'envoyer des messages conçernant son comportement à l'école. Le premier courriel fût pour me faire savoir que la Rouquine est une élève exemplaire mais que cette dernière devra faire attention à ne pas lire pendant que son professeur parle. Hé ben...

(Une partie du texte a été flushé ici par une Rouquine...)

Je pense que le message a passé!

Je pense aussi que sa prof aime bien ma petite liseuse. Elles se connaissent bien puisque c'est elle qui lui enseignait l'année dernière aussi.

L'apprentissage de l'anglais va bien itou. La Grande et elle communiquent aisément avec Priscilla et les autres anglophones qu'elles rencontrent.

C'est vraiment impressionant de voir ses filles parler une autre langue. Ça me fait du bien de savoir qu'un de mes objectifs est en voie d'être atteint.

La Louve

La Louve va bien. C'est ordinaire à l'école parce que c'est un peu plus difficile pour elle d'apprendre à lire et à écrire. Mais je pense qu'elle est bien entourée d'un paquet 'd'ologue' qui sont là pour l'aider...

Son anglais va bien aussi. On lui a demandé cette semaine de nous dire tous les mots qu'elle pouvait dire en anglais, les voici:

Yes.
No.
Please.
Hello.
Thank you.
How are you?
I'm fine.
I love you tooooooo.

Can I play with the Wii?

Cette semaine, j'ai entrepris de la faire débarquer de son statut de ti-beubé. Cette étape de sa vie consiste à lui donner des responsabilités de grande fille.

J'ai commencé par lui enseigner à faire les lits. (En fait, j'ai plutôt déléguer cet enseignement de tâche à Priscilla puisque j'étais déjà prise à montrer à laver la vaisselle à l'eau bouillante à la Grande.) Je lui ai ensuite appris à débarasser la table, laver sa boite à lunch, plier des serviettes, essuyer les plats de plastiques et toute la vaisselle incassable, se chercher des bas pareil... bref, tout ce qu'une grande fille à besoin d'apprendre quand le temps est venu de grandir un peu.

Elle était tellement fière!!!

Tellement qu'après sa grosse demi-heure de torchage de grande, elle m'a demandé, les larmes aux yeux:
- Moi aussi, maintenant que je suis grande, je peux avoir mon MSN et mon Facebook?
- Bin quin beauté, c'est clair que ça vient avec des responsabilités de grande! Lui répondis-je.

Les deux autres épices en ont profité pour s'agglutiner autour de notre conversation.

- Mais tu dois savoir que tout ce que tu vas écrire, tu dois le montrer à maman. C'est un bon exercice pour lire et écrire mais tu ne peux pas faire n'importe quoi parce que c'est un endroit public et qu'il y a des règles. Ajoutais-je.

- Ouais, et tu dois faire attention aux photos que tu mets en public! Dis la Grande.
Parce que n'importe qui peut voir tes photos. Tu peux pas être couchée sur un lit, par exemple. Tu peux pas non plus faire un duck face. Pis fais attention à être bien habillée!

- Demandes toujours à maman ou à nous qui tu peux accepter comme amis aussi. Dis La Rouquine. Prends pas tout le monde. Faut que tu nous demande avant, c'est bien important!

- Okay, alors je vais faire une face comme ça!

La Louve nous a fait sa face d'ange devant un imaginaire kodak.

Alors je me suis dis que j'ai des bonnes filles. Non seuleument elles ont appris comment ça marche internet, mais en plus elle savent se comporter dans la réalité virtuelle. Une autre mission accomplie. Je sais que si quelque chose cloche, j'ai une chance sur trois d'avoir une alarme. Je sais qu'elles savent se protéger entre elles.

Elles savent aussi qu'un duck face, c'est laitte en criss.

Les maux de la fin


Ben voilà, il neige ce soir.

C'est vrai que je m'ennuis de vous. Je m'ennuis de ceux qu'on aime.

Je m'ennuis d'un café avec Émilie-ma-jolie ou MA Marie-Josée quelque part sur la rue St-Jean à travers nos vies soudoyés par le temps mais Oh combien salutaire à notre sanité d'esprit.

Je m'ennuis des déjeuners du dimanche avec mes parents dans le vieux Québec. Des rencontres avec crêpes ou oeufs brouillés. Clue, Géocaching ou pizza dans le salon.

Je m'ennuis de l'Halloween avec Suzanne et Richard.

Je m'ennuis de Jacques et Jacqueline.

Je m'ennuis des party de voisins. Je m'ennuis de la vue sur Québec et de la liberté de ce dernier trop petit logement. Les voisins étaient les définitions même des mots respect: vivre et laisser vivre, liberté et bonheur.

Je m'ennuis du dépanneur Orange.

Je m'ennuis de prendre une bière 'le plus n'importe où possible' avec l'Ami St-Jean. Ce qui me fait penser que j'ai oublié de lui donner mon nouveau numéro de téléphone, pour prendre une bière n'importe où encore. Lui qui m'appelle tous les jours de n'importe où au Québec dans sa condition de trucker.

Je m'ennuis de Serge et sa gang de fous dont je fesais partie.

La régularité des mercredis bénévolat me manque terriblement aussi. J'y ai rencontré des êtres généreux, dévoués et sublimes. Des gens fuckés aussi. Mais j'aime ça.

Même le bénévolat n'a pas voulu de moi ici.

Gadozama et notre toute neuve amitié me manque grandement, mais j'imagine qu'elle n'aurait jamais jaillit dans un décor trop routinier. Nous avions besoin d'un grand choc pour nous rencontrer.

Je veux fabriquer les costumes d'Halloween de Zack et Alex.

Je veux être près de François le plombier, ami depuis trop longtemps, qui s'avère avoir envie de toucher quelque chose qui ressemble à un rêve... je suis encore là, mais trop loin. Désolée, je peux pas faire mieux.

Je veux revoir JS et Martin réunis après tant d'années, Nancy et Alyssia en Beauce, Johny et son nouveau poupon.

Je veux taponner la bedaine de Cri-Cri. Chanter des chansons débiles à Heidi pendant qu'elle est encore juste une nobody dans une bedaine. J'irai lui chanter plein de chansons bientôt mais... c'est pas pareil que dans la bedaine.

Je veux peindre des montagnes sur les murs de la chambre de Leiticia et de Benjamin.

Je veux acheter le bureau d'Amélie qui part en Syrie.

Mais dans le fond, je suis pas si malheureuse.

Il neige dehors.

J'avais juste besoin de faire le point.

Après un an, je constates que la situation a vraiment changé dans notre p'tit monde au Québec. La moitié des choses que je voudrais faire ne peuvent plus se faire et l'autre moitié se trouve à être aussi compliqué qu'à l'époque où nous y étions encore. Alors...

Je me sens déjà mieux maintenant que j'ai écrit ce blog.

Ça devrait être plus facile de noircir les pages de mon livre... les pages blanchissaient dangeureusement ces derniers temps.

Ce matin j'ai rendez-vous avec Hannah. Vous vous souvenez d'Hannah? C'est la dame qui devait m'aider à refaire mon CV et m'aider à trouver un emploi. Okay.

Ben j'ai pas trouvé d'emploi, mais j'ai trouvé une amie avec mon Hannah ici. C'est comme ça le Yukon. Les montagnes sont grandes, la température est drastique et les amis se présente au compte-goutte.

Et l'amitié, c'est tout ce qui compte, après tout.

Les flocons de neige se multiplient dehors au Yukon... en septembre.

Aujourd'hui, ça fait un an que nous sommes parties.

Et Priscilla vous fait dire: J'esperrre que mo froçâ é plu méyeur... ju protik more pleusss mo froçâ dipui keke semènnnne.

Elle vient de finir un bonhomme de neige dehors avec la Louve... la Louve barguine en anglais pour un deuxième super bonhomme à boutons de guimauves.

Dehors il neige et nos superbes montagnes sont ensevelies de blanc. Je vais donc dehors, ben quin...

dimanche 5 septembre 2010

Où est passé le mois d'août?

Je ne l'ai pas vu passé! Tout d'abord une lettre de notre propriétaire nous demandant, à regret, de quitter à la fin du mois. Ensuite, la visite de papi et mamie qui nous a bien occupées pendant les trois semaines suivantes: voyages, visites, musées, pique-niques, géocaching, encore et encore des visites et papotage en règle. Papi a très bien utilisé sa verve et sa plume pour vous relater nos aventures. Merci Papi! À moi maintenant de continuer...

À la fin du mois, ce fût l'emboitage pour la sixième fois en moins d'un an. J'ai été, encore une sainte fois, exaspérée par la quantité phénoménale d'objets et gugusses de toutes sortes accumulés en si peu de temps. My god! Comment on fait pour amasser autant de cochonneries? Me semble que je m'étais départie d'une bonne part de notre 'pataclan' avant de partir du Québec justement dans le but de vivre avec le minimum. On est arrivé à Whitehorse avec quatre sac-à-dos remplis de vêtements et une grosse valise pleine d'habits de neige.

Faut croire que le minimum requis avec trois enfants lorsqu'on stagne à un endroit comprend la vaisselle, la bouffe, les jouets, les vélos, les livres, quatre garde-robe complètes et l'équipement de camping... au cas-où qu'on aurait envie de se sauver en fôret avec la moitié de nos possessions.

Priscilla et Dexter, sa vieille van chéri, se sont chargés des transports à l'Armée du Salut pour les choses à donner et pour relocaliser notre ménagerie dans notre nouveau home temporaire. Le reste s'est retrouvé aux poubelles, à mon grand soulagement.

Ma super-voisine Guylaine, maman d'Andréa et de Natasha, a sentie ma détresse: en plus d'inviter mes fifilles à souper le lundi soir, elle a pris en charge ma gang le mardi aussi pour le souper, le dodo et les lunchs pour l'école. Sans elle, Priscilla et moi n'aurions jamais fini la dernière journée... saines d'esprits.

Bref, sans Priscilla et Guylaine, je me serais simplement assise au milieu du bordel de mon salon en braillant toutes les larmes de mon corps. Mais noooooon! Tout a été fait et bien fait: grâce à des anges, encore une fois...

Nous voilà donc dans la maison de Priscilla qui a bien voulu ouvrir sa porte et son cocon aux quatre épices bien tannées de se faire déménager. Les logements sont toujours aussi difficiles à trouver et c'est devenu une routine d'ouvrir le journal, de téléphoner à tous les endroits qui pourrait nous intéresser et de se faire refuser. Je ne sais plus si je dois rire ou pleurer.

Je ne sais plus si je dois persévérer ou si le Yukon ne veut simplement pas de nous.

La cohabitation avec Priscilla va très bien. Les filles l'adorent et la vie est simple ici: les filles disposent d'une télévision dans leur chambre et d'une collection complète de movies de toutes les époques, d'une Wii avec tous les jeux disponibles dont Guitar Heros (et tous les accessoires), Mario Kart, fitness, d'un parc juste à coté et SURTOUT: de beaucoup de patience, de joie et de câlins. Ici on peut crier, chanter, danser, écouter de la musique forte, s'engueuler, prendre des douches chaudes et longtemps, laisser la vaisselle sale trainer sur le comptoir et courrir partout dans la maison. Du coup, toutes les tâches et responsabilités deviennent plus facile.

En plus, je payes moins cher.

Alors une multitude de petits stress quotidiens que je vis depuis des années viennent simplement de s'envoler. Mes épaules s'en trouvent plus légères, mon énergie recentré ailleurs, mon coeur réapprend à battre à un rythme régulier et mes projets s'en trouvent encore plus près de la réalité.

jeudi 26 août 2010

Le retour

Addendum au jour 21
L’anniversaire de la Rouquine fut généreusement souligné par la Maman avec des montagnes de sannouiches, des douceurs, beaucoup d’amis et un gros gâteau aux cerises. Elle se rappellera sans doute longtemps de sa journée quand elle dormira dans sa tente auto-montable, sur son oreiller Hanna Montana dans lequel on peut brancher un lecteur MP3 qui joue en sourdine après toute une journée passée sur son beau vélo tout neuf avec son casque et en pensant à son Papy tout frais rasé à bizouter !...




Quand à nous, on s’est démenés avec nos valises qui ont subitement réduit leur capacité. Nous avons aussi reçu avec plaisirs, quelques souvenirs gourmands des nouveaux amis, tellement qu’il m’a fallu prendre la décision, à contrecœur, de ne plus rapporter les quelques bières yukonnaises que je destinais à nos amis. Tant pis, ils auront donc de la savoureuse gelée d’épilobes (fireweed) à tartiner sur leurs toasts. Oubliez la confiture de fraises des champs de Ron, on la garde égoïstement pour nous ! On réalise aussi, Tia et moi, qu’on réfléchirait sérieusement à la possibilité de rester si une invitation s’offrirait à nous, contrairement à ce que nous ressentions à notre arrivée. Le Yukon semble avoir su nous apprivoiser par ses décors, la qualité de vie et ses gens accueillants. On a ensuite passé le reste de la soirée en famille, tout collés les uns aux autres jusqu’à 23h00 à discuter de nos souvenirs. Il fallait aller se coucher si on voulait se réveiller tôt le lendemain.

Jour 22 - Le retour


Réveil général à 5h00 par la Maman. Petit café en vitesse. Empilage dans la voiture et direction de l’aéroport pour l’avion de 6H55. Les larmes des plus grandes nous ont tout de même émus de laisser nos filles toutes seules, là-bas. Mais, à quatre, elles sont bien plus fortes qu’on ne le croit. Collées sur la vitrine du restaurant de l’aéroport, elles nous ont regardés décoller vers Vancouver avant de retourner reprendre leur routine quotidienne.




Le retour s’est bien passé. Aucun retard à Vancouver et Toronto, aucun bagage perdu et l’ami Jacques qui nous attendait à l’aéroport de Québec à 20h00 pour nous ramener à la maison. Notre voyage s’est alors conclu en débouclant nos valises et en ouvrant une bouteille de blanc toujours en compagnie de l’ami Jacques qui s’est fait l’auditeur attentif de notre aventure. Amateur de randonnées pédestres avec Jacqueline, nous croyons qu’il a été sensibilisé à la mythique piste Chilkoot qu’empruntaient alors les milliers de prospecteurs de Skagway (Alaska) jusqu’au Lac Bennett, de sorte qu’on ne serait pas étonné de les voir partir un moment donné, eux aussi vers leur Klondike…

Toujours est-il que, en lui narrant notre voyage, on a réalisé qu’on a fait un très beau voyage; Whitehorse est une jolie ville, le Yukon a une jeune histoire encore palpable autour de la fièvre aurifère qu’elle a subie, nos filles se sont bien adaptées là-bas en compagnie de leurs amies Andréa, Natacha, Ron, Josianne, Guylaine, Priscilla et tous les autres que nous n’avons pas eu le plaisir de rencontrer.

Nous nous sommes couchés Tia et moi, les yeux encore pétillants d’images fabuleuses…

Épilogue
La reprise du train-train quotidien reprend tranquillement. Il nous a fallu faire le marché pour remplir le frigo, décortiquer le courrier – postal et électronique, 21e siècle oblige – réapprendre le fonctionnement de la télécommande de la télé, vérifier la qualité de ma dernière bière (excellente India Pale Ale) et faire le tri de nos souvenirs. Le reste de nos vacances se passera paisiblement à la maison à lire tous les livres qu’on a ramenés, histoire d’étirer encore un peu plus le plaisir avant de retourner au boulot. Je rends donc le clavier à la Maman des 4Spices avec le même espoir que vous tous, qu’elles alimenteront ce blogue fréquemment et longtemps encore.

Ce fut un plaisir pour nous d'en varier un peu l'intéressant contenu et on espère bien qu'on pourra recommencer sous peu ou, mieux encore, que d'autres personnes l'alimenteront lors de leur séjour ches les Whitehorse's 4Spices qui, nous en sommes certains, saurons les recevoir avec tout autant de générosité dont nous avons grandement bénéficié.

Tia et Homi Garande

P.S. : Je sens aussi qu’on ne regardera plus les offres d’emplois au Yukon de la même manière, maintenant…

lundi 23 août 2010

Dernier droit

Aujourd'hui, petite journée tranquille avant le retour à la maison. J'en profite pour nourrir ce blogue de nos récentes aventures :

Jour 13Préparatifs pour Dawson
Pendant que la Maman cochait ses listes de choses à préparer et à apporter, Tia et moi sommes encore allés flâner en ville. On en a profité pour aller encore se taper un autre hamburger chez Lil’s, faire une couple de géocaches et quelques courses en vue du voyage du lendemain. On comprendra que la soirée s’est terminée par le chargement du stock dans la voiture. Les filles ont bien compris alors que Tetris était mon jeu vidéo préféré dans le temps…

Jour 14Destination : Dawson City !
Un petit détour pour cueillir Priscilla et nous voilà partis pour 7 heures de route vers le Nord du pays. Une succession de paysages de forêts, de montagnes et de lacs à n’en plus finir en écoutant du Rammstein, Black Eyed Peas et autres musiques de filles. J’aurais aimé que la voiture se conduise toute seule mais on a quand même pris le temps de s’arrêter sur différents sites.

Des arrêts obligés : acheter une brioche géante pour le dessert, faire le plein à Carmacks, faire le vide sur Hunker Creek Road avant de prendre la Dempster Highway vers le Parc national de Tombstone où nous camperons pour la nuit avant Dawson. Cette route d’un peu plus de 600 km est entièrement sur gravelle jusqu’à Inuvik (Territoires du Nord-Ouest) et on doit nécessairement réduire la vitesse. Après une quarantaire de minutes sur cette route, nous sommes enfin parvenus au camping. Ça a pas été long de monter les tentes et de se taper un bon petit souper de la Maman et la brioche.


Notre faim apaisée, nous sommes allés à 2 kilomètres du camping pour admirer LA vue de Tombstone. On se serait dans un paysage de montagnes du Seigneur des anneaux tellement ce parc est majestueux et impressionnant. Notre petit kodak ne saura jamais restituer la beauté de ce site. Il ne reste plus qu’a s’imprégner notre mémoire de ces belles images.

Et pendant que le reste du groupe admire ces vues, la Grande et moi partons en chasse pour une autre géocache dans le secteur. On l’a retrouvée assez facilement (référence géocaching : GCK688) et nous décidons que, vu que nous sommes le plus au nord et le plus à l’ouest de pays (N 64° 31.399 W 138° 14.610), nous y déposerions notre géopièce de l’église Notre-Dame-des-Victoires en lui souhaitant un bon voyage autour du monde.

De retour au camp, on s’est offert un feu, de la traditionnelle guimauve et dodo pour tout le monde, même les ours !

Jours 15, 16 et 17


La Grande virée à Dawson City, la ville née de la ruée vers l’or d’août 1896, époque où de milliers d’hommes ont tout lâché sur place pour courir les pépites de la Bonanza Creek. Ce village a conservé le cachet d’il y a 100 ans : immeubles tout en planches et pièces sur pièces, façades commerciales peintes à la main, trottoirs de bois et zéro asphalte dans tout le village, à part la rue principale. Je crois que nous avons tous eu un coup de cœur pour cette ville qui, à notre surprise, a fait succomber bon nombre de francophones.


La pluie nous a empêché de continuer de pratiquer le camping, ce qui fait qu’on s’est payé la traite avec 2 jours à l’hôtel Eldorado, en plein centre de la ville et on en a profité pour visiter ce qu’il y avait à visiter. Le temps est passé très vite : le Musée de Dawson, l’école d’Arts visuels KIACS, les cabanes de Robert Service et de Jack London entre autres…



Le soir venu, la Maman a pu réaliser son rêve : s’offrir un « Sourtoe », un orteil momifié dans un verre d’alcool. La règle étant que l’orteil doit toucher les lèvres du postulant, la Maman a ainsi obtenu son diplôme. Moi, j’ai choké quand j’ai vu les autres précédents participants plus fantasques, se mettre l’orteil entièrement dans la bouche. Ya quand même des limites à respecter question hygiène, tsé… Les filles sont allées fêter l’événement au Casino pendant que moi, je suis allé garder les fifilles à l’hôtel.



Le retour sur Whitehorse s’est effectué partiellement dans la pluie et dans les nuages qui nous cachaient les magnifiques paysages. Ça ne nous a pas empêchés de reprendre une brioche avant d’arriver dans la capitale.

Jour 18 - Les environs
J’ai retourné le minivan et je l’ai échangé contre une voiture économique jusqu’à la fin de notre séjour. Comme ça, on sera encore plus indépendants et libre de nos mouvements, à commencer par une visite de la Yukon Brewing Company dont je ramènerai des échantillons. Cette micro-brasserie organise des visites gratuites et surtout des dégustations de leurs 7 ou 8 bières – j’ai arrêté de compter à 5. Il est impressionnant de voir 2 gars en train de remplir et sceller des cannettes, une par une, pour compléter les palettes destinées à la vente…

Tia, qui est aussi présidente de l’Association des Côté d’Amérique en a profité par la suite, pour saluer les gens du journal francophone « L’Aurore boréale » et de se prêter à une entrevue concernant son association. On verra l’article dans 2 semaines.

En soirée, nous avons le plaisir de rencontrer la fameuse Josiane qui partage elle aussi, la vie yukonnaise des 4Spices.

Jour 19 - Flânage, quand tu nous tiens...
Journée de flânage dans Whitehorse et découverte du Centre d’arts près du Yukon College. De retour à la maison, nous profitons de l’absence des 4Spices parties à un anniversaire d’amie pour piquer un somme qui aura pris tout l’après-midi. Je pense qu’on en avait bien besoin.

Jour 20 - Rentrée scolaire
On réalise qu’on arrive à la fin de notre voyage et que, comme d’habitude, on a pas tout fait sur la liste des choses à faire et à voir dressée à notre arrivée. Il va falloir choisir. Tant qu’à parler de liste, Tia a pris la liste des effets scolaires nécessaires à la rentrée et on est retourné encore une fois, faire les courses avec les 3 demoiselles. Leur retour en classe s’effectuera le lendemain de notre départ.

En soirée, La Maman et Tia on répondu à l’invitation de Anna, pendant que moi, étant indisposé, j’ai préféré jour une partie de «Clue» avec les demoiselles.

Jour 21 - L'anniversaire de la Rouquine

Aujourd’hui, c’est la veille de notre retour à la maison et aussi l’anniversaire de la Rouquine qui a maintenant 10 ans. Elles sont parties faire encore des courses pour préparer la fête tandis que moi, je termine la rédaction de ce blogue. Comme on peut le voir sur cette photo, la Rouquine a bien dépensé les sous qu'elle a reçu de Mamie Mado.

Il nous faudra boucler nos valises cet après-midi et profiter des dernières heures à passer avec nos filles avant un bon bout. Cela dit, il me faudra donc reprendre la rédaction de ce blogue pour sa conclusion que dans une couple de jours, quand nous serons de retour à la maison.

À bientôt, donc.

lundi 16 août 2010

Les jours suivants

Au moment où vous lirez ces lignes, nous serons sans doute rendus quelque part au Nord du Yukon, genre parc national de Tombstone et Dawson City. Je ne sais pas s'il y aura un accès Internet là-bas. Je publie donc aujourd'hui la suite de nos aventures, quitte à l'agrémenter de photos au retour dans 4 jours.

Jour 4Visite du SS Klondike, GPS, Hamburger, tram et magasinage


Le plus dur était de faire lever cette maisonnée pour qu’on puisse profiter d’une belle journée en famille. Après le déjeuner, L’ami Ron nous a reconduits sur le site du S.S. Klondike. Ce bateau à aube fut le dernier en service pour assurer la liaison Whitehorse – Dawson jusqu’aux années 1950. On en a profité pour trouver une géocache sur le site. Après cette visite, on est allé se taper pour 65$ de hamburgers chez Lil’s, un petit resto rétro sympa de la Main. On a eu aussi droit à un petit bout de tour de ville en tramway restauré pour ensuite finir la journée par une courte séance de magasinage, encore.

Jour 5Ménage et entretien
Après l’excitation du voyage aux USA et du S.S. Klondike, on s’est offert une petite journée de ménage, de lavage et de menues réparations : chaise à recoller, tabourets à déclarer finis, tentative de reconnexion stable du PC de la Maman au réseau domestique alors que le mien n’a pas de problème (héhéhé), horloge-boussole des fées Aurores et bouchon du bain. Ça paraît que ya juste des filles ici…

Jour 6Gros marché, cocooning
Pour ma part, je suis resté à la maison pour finaliser les réparations pendant que les femmes sont parties avec Priscilla faire le marché afin de combler le cruel vide de café et de quelques denrées qui vont avec. J’ai passé l’avant-midi avec mon frère de Joliette via la webcam, qui s’est fait une joie de m’écœurer avec son ?%*&# de café qu’il avait en quantité ! Le reste de la journée s’est passée à écouter des films tous collés l’un sur l’autre.

Jour 7Visite en solo : Centre info, AFY

Ce matin-là, Tia et moi en avions assez de niaiser à attendre que la maisonnée se lève. On avait beau partir le moulin à café, parler un peu plus fort que normalement durant le déjeuner, rien n’y faisait. On s’est alors décidé à se passer d’eux-autres pour la journée et on est partis prendre le bus pour aller en ville. On s’est même surpris à se rendre là où on voulait sans se perdre. Ce serait tout de même difficile; il y a 5 lignes d’autobus et ils font tous une boucle jusqu’en ville. Nous sommes donc allés prendre des infos au Centre d’infos du Yukon. Nous avons visité la bibliothèque pour constater qu’il y avait bien quelques rayons de livres destinés aux jeunes francophiles (ce qui a fait plaisir à la Rouquine d’apprendre ça), nous avons sillonné la Main Street, j’ai goûté un hot dog de caribou – moutarde, choucroute - d’un vendeur ambulant au coin de la rue, on est allés salués les gens de l’Association franco-yukonnaise, on est allés au Canadian Tire acheter 2 chaises pliantes et on est revenus sur l’autobus de 16h30.
À la demande générale, j’ai passé la soirée à cuisiner mes fameux « cretons de papi » avec les fifilles.

Jour 8Visite muséales
Surprise : ça n’a pas été trop difficile de réveiller la maisonnée, ce matin-là. On s’est préparé des sannouiches et on est descendu à pied en traversant le boisé vers le Musée des Transports et le Musée de la Béringie situés tout près de l’aéroport. On en a même profité pour chercher encore des géocaches. On en a trouvé deux.

Sur le stationnement du Musée des transports, j’ai bien aimé leur girouette; un vrai vieux DC3 juché sur un mât et qui tourne selon le vent. J’en veux un quand j’aurai une cour ! Dans ce musée, une pièce impressionnante : « The Queen of the Yukon » - une réplique sur skis de la sœur du « Spirit of St.Louis » de Lindberg qui fut l’un des premiers appareils à assurer une certaine liaison sur ce territoire. Les artéfacts sont d’époque : tous rouillés, cassés et incomplets. Tout juste bon pour la scrap, mais ils sont tout de même conservés et présentés tels quels.



Le Musée de la Béringie est un musée d’histoire naturelle bien aménagé avec ses squelettes de mammouths et de mastodontes, du temps où la mer était bien loin des côtes actuelles, permettant ainsi le passage de ces animaux et des humains sur notre continent avant que celui-ci ne soit isolé par les océans.

Ce fut une bonne journée et revenir à la maison en taxi fut apprécié de tous.

Jour 9Aéroport, Bibliothèque, GPS, pique-nique et musée MacBride
Drôle de journée. J’ai eu l’idée d’aller voir à l’aéroport les loueurs de minivans pour avoir une idée des coûts. On s’y est rendu en gang et à pied. On s’en ai réservée une pour le jour 11 et ce, pour une grosse semaine. Par la suite, on s’est rendu en ville en taxi et on s’est récompensés d’un pique-nique. Une séance infructueuse de géocaching nous a tout de même permis d’inscrire la famille yukonnaise à la bibliothèque publique, au grand plaisir de la Rouquine ! On a terminé la journée par une coûteuse visite au Musée McBride, notre premier piège à touristes dans lequel on est tombés à pieds joints…

Jour 10Atlin, BC
8h00, l’ami Ron vient nous chercher pour une virée à Atlin, petit village pittoresque de la Colombie-Britannique. Comme d’habitude, la maisonnée ne s’est pas réveillée et on est partis un peu en retard mais comme on est en vacances, ça a pas causé trop de mal, finalement. Premier arrêt à Jakes Corner où j’ai pas pu m’empêcher d’y acheter des brioches toutes fraîches. L’unique route qui se rend à Atlin est sur gravelle en grande partie et se termine à Atlin.

Ce village est en réalité une communauté d’artistes de tout genre, Il y en a même qui font leur épicerie en hydravion, faut bien qu'ils mangent pareil, ces "pauvres" artistes… Ce village a ce charme de ne pas avoir de commerces à outrance pour les touristes. Juste un bateau à aubes défraîchi sur pilotis qui sert de resto - on sait pas quand - qui semble pourrir sur la grève, et c’est tout. Le tour de ville s’est fait assez rapidement et on est retourné sur Whitehorse assez tôt pour profiter du marché hebdomadaire des produits locaux. Je me suis offert un fromage de chèvre que les fifilles en engloutis en 2 déjeuners.

Jour 11Le minivan
Ce matin, prise de possession d’un vieux minivan de location (80 000 kms au compteur), même pas de clé de déverrouillage à distance et encore moins d’écrans vidéos. Je ne vous dis pas combien ça coûte mais je mijote une petite lettre de protestation dès mon retour à Québec. Bon, on l’a pris quand même parce qu’il y en a pas d’autres de disponibles – qu’y disent – et on est allé encore une autre sainte fois, faire des mautadines de courses, histoire de prendre le char en main.

Jour 12Carcross
Bon, le char pris en main, la maisonnée enfin réveillée avec une quarantaine de minutes en retard, et de multiples aller-retours du char à la maison parce qu’on oubliait tout le temps quelque chose, on a enfin pu prendre la route vers Carcross. Chemin faisant, voilà-t-y pas qu’on croise une géocache juste à côté de Emerald Lake.


Carcross est un village qui termine la liaison du train de la White Pass & Yukon Route. Il est situé sur les rives du Lac Bennett. Là, environnées et indifférentes aux impressionnantes montagnes, les fifilles s’en sont données à cœur joie à faire trempette pendant que nous les adultes, on les regardait se geler les fesses jusqu’à ce que la peau soit rouge.

Au troisième étage de l’hôtel en rénovation, habiterait là, le fantôme du propriétaire qui a dû prendre possession du minivan, car ça aura pris au moins 30 minutes à sortir le pique-nique de l’auto. Je suis certain que, si quelqu’un a assisté à notre manège, il doit le noter dans son blogue, c’est sûr…

Sur le chemin du retour, une autre cache ! Cette fois dans le désert de Carcross. Étonnante petite région aride, tout en sable et en pentes, lesquelles nous avons gravi pour admirer le paysage, hors d’haleine. Heureusement, Tia a bien tenu le coup sans que son bidule proteste.

Au retour, on a écouté 3 fois en boucle, la trame sonore du film « Into The Wild » en contemplant encore et encore les montagnes.

Fait intéressant : cette randonnée fut pour la Grande, l’occasion de s’initier aux joies de la navigation GPS. Installée avec le portable, elle nous signalait à l’avance avec brio, les points intéressants de notre route.

Jour 13Lil’s – préparatifs pour Dawson
Pendant que la Maman préparait le stock et la bouffe de 3 jours pour 7 personnes, Tia et moi sommes allés faire les courses - encore une autre cristi de fois - en ville. On est retourné chez Lil's s'offrir un hamburger pour se récompenser. Fait intéressant : Tia et moi avons trouvé le local du Casara (le Sérabec du Canada anglais) à l'aéroport de Whitehorse. Si leurs activités ressemblent aux nôtres, on ira peut-être les saluer samedi prochain.


Voilà donc les derniers rapports de nos activités à Whitehorse. Nous nous préparons à prendre la route sur Dawson City, où j'espère bien, je pourrai chercher de l'or à mon tour. À bientôt !

jeudi 12 août 2010

Des nouvelles d'ici...

Venir au Yukon avec mes spices... done.

Faire venir les deux êtres qui comptaient le plus pour nous au Yukon... done.

Dix minutes après leur arrivé, j'ai sentit qu'ils avaient toujours été là. Avec nous, tout près et collé au corps. On a cherché des géochaches et fait des pique-niques: c'est tout ce que les four-spices + deux ancêtres ont besoin pour être heureux.

C'est ce que nous faisions dans une autre faune... juste être ensemble et être heureux de l'être. Exception faite qu'il y a beaucoup plus de grosses cristies de montagnes ici et qu'on est à l'autre bout du Canada.

Ensemble.

samedi 7 août 2010

Nous voilà !

Comme la Maman l'a mentionné dans son dernier message, il semblerait que ce soit moi qui reprendra la plume pour alimenter ce blogue. Bon - étant le seul gars à travers ces 5 filles qui papottent sans arrêt, je me propose donc à vous narrer des nouvelles des SixSpices - pour ces quelques jours à venir. C'est parti !

Jour 1 - Les préparatifs
Tia et Homi Garande commençaient à en arracher et commençaient déjà à avoir hâte au retour pour se reposer et profiter de nos vacances. Comme d'habitude, on avait bien quelques mois pour garnir le compte en banque mais seulement 3 jours pour boucler nos valises. En fait, les préparatifs "administratifs" nous ont quelque peu surpris par l'ampleur du temps que ça prend à finaliser, ce qui fait que, en somme on a eu que l'après-midi du lundi pour les boucler ces ?&%$* de valises.
On s'est couchés tôt pour pouvoir se réveiller en temps.

Jour J - Le départ, enfin
À 3h30, le téléphone nous a réveillé en sursaut par une hôtesse - Priscilla - qui nous a demandé confirmation pour le restaurant "Louvia Pizza" pour le même soir ! Tia a confirmé la confirmation avec plaisir.
20 minutes plus tard, nous attendions le taxi qui nous mènera à "l'aréoport".


La traversée à commencé à 5h45 vers Toronto. Très jolie ville qu'on a visité pour la première fois en quelques 40 minutes. Puis l'envol vers Vancouver qu'on a aussi visité aussi vite que Toronto. Enfin, le dernier vol vers Whitehorse où on a été quand même été un peu surpris par l'immensité des Prairies et la majesté des Rocheuses.


Après un traversée sans aucun retard entre les vols, nous sommes arrivées à Whitehorse accueillis par 4 épices - et une Priscilla - toutes contentes qu'on les serre dans nos bras. Bien sûr qu'on a passé aux constatation d'usage : "Comme tu as grandi ! " pour l'une, "Comme tu as grossi !" pour l'autre, et dans mon cas : " Comme tu est beau !"... Priscilla nous a offert un tour de ville avant d'aller au resto qui s'appelle dorénavant : "Louvia Pizza Etcéréra". Inutile de vous mentionné qu'après la pizza et quelques 20 heures debout, Tia et moi sommes allés nous coucher et ça a pas été long à s'endormir.

Jour 1- Le quartier
Les filles nous ont montré leur école de l'autre côté du boisé, derrière leur maison. On a passé cette première journée en famille à faire une couple de géocaches autour de la maison. Cette activité nous a bien occupé et nous a permis de visiter le quartier. On va ramener une géopièce qu'on a trouvé.
De retour à la maison, un ami de la Maman, Ron, nous invite à l'accompagner le lendemain à Skagway, en Alaska. De là, nous pourrions revenir par le mythique train de la White Pass & Yukon Route. On accepte l'invitation.

Jour 2 - Alaska
Dès 6h45, Ron nous embarque dans son minivan et on se dirige vers l'Alaska. Durant ce voyage d'environ 2 heures, on s'est souvent arrêtés pour les photos qui ne rendent vraiment pas justice aux paysages.




Skagway est une rue du Petit-Champlain géante. Que des bijoutiers et des boutiques-souvenirs. Rien à voir avec la porte d'entrée vers le Yukon pour la prospection d'or du XIXe siècle. Cette petite ville est alimentée par les navire de croisières d'où débarquent une multitude de touristes.
Tia s'est occupée des billets et on s'est offert une randonnée vers la ville frontière de Fraser, là où, du temps des prospecteurs, la "Police montée" les attendaient pour les retourner s'ils n'avaient pas au moins une tonne de victuailles pour passer l'hiver. On aurait fait dur Tia et moi avec nos deux biscuits et nos deux bouteilles d'eau...



Ça a l'air de rien de même, mais ça fait quasiment 2heures que je passe à faire ce blogue. Je dirai pas tout en un seul coup, ce qui fait qu'il faudra revenir pour lire les jours subséquents qui risquent d'être intéressants aussi.
J'espère juste que je perdrai pas mon français...

dimanche 27 juin 2010

Grey Mountain

Ça peut vous paraître étrange, mais j'ai momentanément envie de ne plus donner de nouvelles de nous pour un temps indéterminé. Ma vie s'est éparpillée les dernières années et j'ai besoin de recoller les morceaux. Si je dois passer par la solitude et l'éloignement, ben ça ira par là. Comme si je venais d'arriver au Yukon. C'est juste que je viens de comprendre que c'est pour ça que je suis partie: m'isoler... pour me rapprocher de mes filles et aussi de moi-même. Je viens de le comprendre, alors notre voyage viens de prendre tout son sens.

N'allez pas penser que vous n'êtes pas importants ou je tente de vous oublier. On vous aime tous très fort. Nous allons revenir. Sur le blog... et éventuellement au Québec pour vous serrez dans nos bras. Voyez ce geste comme une phase de reconstruction nécessaire aux Four-Spices.

Pour me faire pardonner d'avance, je vous envoie les images de notre journée d'aujourd'hui. Nous avons monté une montagne ensemble. Je vous laisse imaginé vos propres légendes aux images. C'était merveilleux. Commencez les films à partir du dernier jusqu'au premier si vous voulez suivre le rythme de la journée.

Peut-être qu'Hommi Garandi reprendra sa plume lors de sa visite avec Tia au mois d'août, le temps de vous donnez des nouvelles de nous?