Je n'ai pas vu James cette semaine à l'église pour ma journée de bénévolat. C'est une bonne nouvelle: j'imagine qu'il n'a pas besoin de nourriture cette semaine. C'est mieux ainsi. Je regrette de ne pas avoir fait un peu plus pour l'aider la semaine dernière. Je n'ai pas envie de sauver la planète, mais j'ai cru que j'aurais pu faire un geste pour lui cette journée là, comme l'aider à trouver un bon manteau chaud à l'église ou lui donner les bonnes adresses pour des bottes usagées. Peut-être qu'Anie a raison lorsqu'elle suggère d'échanger de bons mots pendant un instant peut faire une différence, surtout pour la solitude. J'y crois.
Je prends goût à faire du bénévolat. J'y suis allée tout d'abord par conscience sociale, mais je me rends compte du bien que ça peut me faire à moi! Au départ, j'ai eut peur de n'y croiser que pauvreté et solitude. J'y ai rencontré une dizaine de personnages bien intéressants et à lesquels je m'attache doucement. Cette semaine, nous avons souhaité bon anniversaire à Madame Colette qui fête ses 75 ans. Cette dame a eut 8 enfants... et m'a avoué que son époux à quitté le nid lorsqu'elle couvait son huitième moineau. J'ai plein de questions à lui poser la semaine prochaine... j'ai une folle envie de savoir comment elle a fait pour se débrouiller seule à son époque. Une histoire à suivre...
Il y aussi la dame fonctionnaire maintenant à la retraite. Elle m'a dit: si on dit que les fonctionnaires ne font rien, pourquoi j'étais si fatiguée à la fin de ma journée? Elle me parle de sa vie, de ses enfants qui se débattent, comme plusieurs d'entre nous, avec les séparations, les divorces, les gardes d'enfants. Ce qui fait d'elle une grand-maman bien occupée en gardant régulièrement ses petits-enfants. Elle a su m'expliquer la différence entre un réfugié et un immigrant. Si j'ai bien compris, un réfugié arrive avec les mêmes droits qu'un québécois de souche, et un immigré aura à se battre avec la paperasse pour avoir les mêmes droits. Encore une autre histoire à suivre...
Et si on parle d'immigration, je peux parlé d'une jolie chinoise enceinte d'un québécois. Elle est tout simplement douceur et respect. Elle commence à se débrouiller avec le français, alors on s'entend que c'est, encore ici, une autre histoire à suivre. Mais j'ai tout de même appris comment placé mes mains pour saluer un chinois: les bras droits vers le bas et les mains croisées, au lieu des mains en positions de prières comme je le croyais tout d'abord...
Discussion charmante et guerre de claque au cul de serviette mouillée en essuyant la vaisselle pendant deux heures (oui oui! j'ai fait 2 heures de vaisselles!) avec André... ça m'a rappelé des souvenirs. Le monsieur en question traduit de l'anglais au français des romans de Tolstoï, il a aussi gagné un concours de vulgarisation scientifique. Je ne savais même pas qu'un tel concours pouvait existé. J'ai déjà hâte à la semaine prochaine: je me pratique le poignet pour pincer mieux avec ma serviette, j'avais perdu la main. Et je m'informe sur Tolstoï... j'aurai aussi probablement des questions pour lui.
Pour ce qui est du bassin de gens que l'on aide, je dirais que pour la majorité, ce sont des 'habitués'. Des gens qui reviennent semaine après semaine et qui auraient besoin jour après jour. À toutes les semaines il y a entre 150 et 200 personnes pour ce quartier. C'est beaucoup. La pauvreté est un mal lancinant qui picote le coeur et l'estime de soi... doucement... pernicieusement. Y'a pas de pilule magique pour guérir ce mal. Ils doivent se nourrir avant tout, ensuite ils verront plus clair pour leur santé moral et physique. Quand t'as faim, t'as le goût de rien, y'a aucune autre priorité. C'est logique non?
Encore une autre histoire à suivre...
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